Thaïlande façon guide (le Nord)

Photo : Les hautes marches pour arriver jusqu’aux vestiges de l’ancien temple khmer Phanom Rung (Thaïlande, avril 2019).

 

Lire aussi Thaïlande façon guide.

 

  • Période : 30 mars – 12 avril 2019 (2 semaines).
  • Âge des babi : 5, 7 et 10 ans
  • Transport pour y aller : en bus, frontière terrestre entre Huay Xai (Laos) et Chiang Khong (Thaïlande).
  • Décalage horaire : + 5h l’été, + 6h l’hiver.
  • Transport sur place : bus locaux, songthaeos.

Les songthaeos sont des sortes de pick-up réaménagés qui servent de taxis collectifs. Un moyen de transport très répandu en Thaïlande, qui diffère du samlo tuk-tuk. Disons que c’est un peu le format au-dessus, un simili-bus aéré peut-être, avec deux planches en bois latérales à l’arrière du véhicule sur lesquelles on s’entasse pour pas cher.
Le parcours est fixe et on tape sur la carrosserie pour signaler au chauffeur où on veut descendre. Nous, nous étions les seuls Blancs et nous avions demandé au chauffeur avant s’il allait bien là où nous voulions aller, donc il savait où nous arrêter. Et les gens dans les songthaeos ont toujours été prévenants et très souriants, entassés que nous étions, avec le Marcass’ assis au milieu sur les bagages…

  • Hébergement : guesthouses, hôtels.

 

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Vue sur les montagnes depuis le Khao Yai National Park. 
 
LA CARTE

Aaaargh… Je ne dis plus rien !

 
Notre itinéraire

Semaine 1 : le Nord

Voyage en bus Chiang Khong → Chiang Rai (2h30)

Chiang Rai

Balade dans le Saturday Night Market (grand marché nocturne hebdomadaire de la ville).

Visite du Wat Pong Khun, aussi appelé le White Temple : un temple totalement improbable…
Comme son nom l’indique, c’est un temple tout blanc – de loin on dirait le château de la Reine des Neiges – hyper kitsch, avec plein de trucs argentés brillants qui bling bling partout.
À l’intérieur, c’est couvert d’images de Pokémon, Batman, Shrek, Harry Potter, Dark Vador, tortues Ninja, et j’en passe !
Et c’est un des temples les plus touristiques de Thaïlande, moi je comprends pas. Ou, à la limite, je peux admettre que le temple soit devenu une curiosité touristique, mais on a vu aussi beaucoup de moines entrer dans le temple, et là quelque chose m’échappe. Surtout dans l’idéal bouddhiste de simplicité, dénuement et quête de l’essentiel. Mais ça doit être mon côté austère…

Visite du Wat Phra Kaew et du Wat Phra Singh.

 

La photo que je déteste ! Réclamée par les babi, c’est avec la plus grande réticence que je la place ici. Mais je prends sur moi pour que vous voyiez que je n’exagère pas, parce que ÇA, c’est au White Temple de Chiang Rai. Dans les jardins, entre un autel de prière et l’arbre sacré de Bouddha…

 

Balade au petit marché de nuit à côté de notre guesthouse. À acheter des jus de fruits garantis NO SUGAR mais en fait ils blindent de sirop de palme dedans. Ou de lait concentré sucré. Les babi goûtent et… bah c’est sucré en fait. C’est très sucré. Ils n’aiment pas. Tu le dis à la vendeuse, elle te répond : « No no, no sugar » en te montrant bien la bouteille de sirop de palme.
Voilà. On a dû les jeter alors que je ne jette jamais de la nourriture. D’habitude j’arrive toujours à tout recycler. Pas là. Mais sinon c’était bien. Le Marcass’ s’est gavé de rotis au chocolat.

Voyage en bus Chiang Rai → Chiang Mai (3h30)

 

Ici nous sommes à Chiang Mai. Mais le choix d’un jus de fruits frais dans la rue s’accompagne des mêmes difficultés qu’à Chiang Rai. Exactement les mêmes. Le photographe capte ici le moment précis où je suis en train de dire, geste à l’appui : « Écoute Garance, j’ai goûté ton jus de mangue. On sent à peine le sucre, il n’y en a qu’un tout petit peu ». Et le regard de désespoir de Papa Écureuil en est témoin. Photo de Gabriel Soucy.

 

Chiang Mai

En général, le tourisme à Chiang Mai c’est : temples, rando, et trek dans les villages alentour.
Mais ce n’était pas NOTRE PROJET… Pas avec enfants et une température extérieure plus élevée que mon âge. Ouais, quand même.
Notre plan c’était de retrouver Édith et Gabriel et leurs enfants (que nous avons rencontrés au Laos), dans la même guesthouse, et de passer nos journées et nos soirées avec eux. Du temps. Et c’est ce que nous avons fait. Avec quelques temples, histoire de.

Visite du Wat Singh, le principal temple de Chiang Mai.
Heureux fruit du hasard, nous avons eu la chance de tomber sur la cérémonie traditionnelle d’ordination des jeunes moines entre 7 et 14 ans qui n’a lieu qu’une fois par an, entre fin mars et début avril.
Les babi étaient impressionnés de voir des enfants de leur âge et un peu plus qui se préparent à devenir moine. Surtout que la veille dans un autre temple, une Thaïe nous a redit que c’est souvent le choix des parents pour les enfants qui ne se comportent pas « comme il faut ».
Ça leur a mis comme un coup de pression…
Le Grand Lièvre m’a pris la main, il a dit : « Je suis content, quand même, d’être dans notre famille parce que j’aurais peur d’être un moine sinon » (sic). (???)

 

Cérémonie traditionnelle d’ordination des jeunes moines au Wat Singh de Chiang Mai. Ma photo est floue et moche et tout, mais c’est dans le temple donc la lumière ne va pas. (Comme dans mon salon un peu.)

 

Visite du Wat Chedi Luang, le plus vieux temple de Chiang Mai : le stupa en briques rouges au centre de l’enceinte du temple date d’il y a 600 ans.

Demi-journée autour du lac de Huay Tueng Thao : nos babi et les enfants d’Édith et Gabriel ont joué et se sont baignés dans le lac. Pas nous. L’eau est marron. Ça donnait pas tellement envie…

 

Gabriel prend en photo le Bouddha dans le stupa vieux de 600 ans du Wat Chedi Luang, à Chiang Mai. Il faisait très très chaud.

 

Visite du Wat Phrathat Doi Kham : un grand temple situé sur les hauteurs de Chiang Mai, donc supposé intéressant pour offrir un large panorama sur la ville. Mais c’est si pollué depuis là-haut qu’on ne voit rien d’autre qu’une lourde chape de poussière grise…
Sinon, dans le temple, c’est kitscheries sucrées et balancelles sous des arches de fleurs en forme de cœur pour faire un petit selfie. Mmh… bisou bisou et love love love.

 

Selfie time au Wat Phrathat Doi Kam, à Chiang Mai. Derrière le Bouddha allongé, c’est pas un mur blanc hein, c’est le ciel. Le temple est en extérieur. On atteignait un pic de pollution, paraît-il.

 

Ça m’énerve. Ça m’énerve tellement. Mais c’est parce que je suis pas romantique et j’aime pas les cœurs qui dégoulinent de sirop. Ici il kiffent. Ils font un geste qui ressemble à ce que l’on fait en France pour désigner l’argent. Enfin moi je le fais pas mais tu vois, si quelqu’un frotte son pouce contre son index pour dire : « Ça va te coûter bonbon ! ». (Ça non plus je le dis jamais ; jamais de la vie, mais c’est pour ça, là je le mets exprès, je pousse mes limites).
Bon bah en Thaïlande tu frottes pas, tu poses juste ton pouce contre ton index sur la dernière phalange, comme si tu voulais les coller à la glue, et tu bouges plus. Avec l’arrondi du bout de tes doigts, c’est censé fait un cœur. Nice. So cute.
(Mais à ce moment-là on peut aussi voir un cul à l’envers. Enfin moi.)

 

Derrière nous, derrière la balustrade, c’est la vue sur Chiang Mai. Ça donne une petite idée de la qualité de l’air dans les villes thaïlandaises. Mais ils pratiquent pas la circulation alternée des plaques paire et impaires, ça doit être pour ça… 

 

Visite du Wat Si Suphan, aussi appelé le Silver Temple, parce qu’il est tout en métal sculpté (un peu comme du métal repoussé, je précise pour les instits et pour celles et ceux qui aiment les loisirs créatifs). C’est un temple interdit aux femmes. Je veux bien comprendre plein de trucs, je ne suis pas chez moi, j’essaye de garder l’esprit ouvert, reconnaître et accepter des opinions différentes de la mienne.
N’empêche, des fois c’est chaud patate. Comme ici ou . J’arrive juste pas.
Parce que, là encore, y’a trop de choses qui m’énervent – mais que j’intériorise pas.

 

L’entrée du Wat Si Suphan, dit « Silver Temple », à Chiang Mai.

 

Et dedans le temple, c’est méga kitsch. Papa Écureuil est tellement… tellement tout, qu’il m’a dit en sortant : « C’est interdit aux femmes parce que c’est une orgie de mauvais goût ».
Des superhéros de comics tels Spiderman, Iron Man ou l’Incroyable Hulk, ou bien encore une capsule d’extraterrestres, sont sculptés au clou sur du métal repoussé. Les murs sont ornés d’un immense billet de 1 000 bahts, deux mètres de longueur sur un mètre de hauteur, à l’effigie de Rama IX.
Et encore, on a raté le meilleur : la nuit le temple est illuminé avec des néons fluos de plusieurs couleurs, ambiance boîte de nuit. Si vous êtes intéressé(e), je pense que vous pouvez trouver des images sur Internet…

 

Voilà, ça c’est DANS le temple, je ne l’ai donc vu qu’en photo, comme vous. Peut-être ça vaut le coup d’interdire l’entrée aux femmes, oui. Et, tout bien réfléchi, aux hommes aussi…

 

Marché de Talat Warorot, dans le quartier de Chinatown.
Warorot est le plus vieux marché de Chiang Mai, un vrai marché pour les Thaïs, contrairement au gigantesque Night Bazar (que j’ai détesté). Mais je ne peux pas donner un avis honnête sur le Talat Warorot parce que la vérité, c’est que j’ai laissé Papa Écureuil y aller seul avec le Marcass’ et la Petite Souris. Qui avaient besoin respectivement d’un short et d’un pantalon.

Mais l’expérience des portants et des piles de milliards de vêtements identiques dans le Night Bazar bondé de touristes m’avait définitivement perdue. Le mot même de « marché » me faisait palpiter d’appréhension.
Du coup je suis restée tranquille à écrire pour le blog, à côté d’un Grand Lièvre qui lisait La Guerre des Clans. J’ai pas de problème à ce qu’il lise ce qu’il veut, du moment qu’il ne me le raconte pas après : ce genre de livres, ça fait wouwouwou dans ma tête
Enfin. On crevait de chaud tous les deux dans la chambre sans clim de notre guesthouse mais on a kiffé notre expérience de « non-magasin ». Les autres sont revenus trop vite !

 

Une petite partie de Talat Warorot, à Chiang Mai. Mickaël me dit qu’il y a deux bâtiments principaux, plusse les échoppes sur les côtés tout le long. C’est trop pour moi… 🙁

 

Et c’est à Chiang Mai, dans un petit resto de rue où on allait tous les jours, midi et soir, que j’ai mangé le meilleur Khao Soi de ma vie. Ce qui est heureux car le Khao Soi est, à l’origine, une spécialité de Chiang Mai préparée par les caravaniers du Triangle d’Or…

 

Semaine 2 : l’Isaan (le nord-est)

Voyage en avion Chiang Mai → Khon Kaen (1h), puis bus pour Nakhon Ratchasima, également appelée Khorat (2h30).

Nakhon Ratchasima : Fête de Chakri, qui célèbre la dynastie royale actuelle en Thaïlande car le 6 avril commémore l’accession au trône de Rama 1er.

Et mall Terminal 21 (même chaîne qu’à Bangkok), où, forte de mon expérience de non-marché l’avant-veille à Chiang Mai, j’ai laissé une seconde fois Papa Écureuil aller faire du shopping tout seul avec la Petite Souris et le Marcass’, me protégeant ainsi contre une nouvelle crise de panique. Je suis restée à écrire, dans un soulagement indescriptible et la gratitude qui va avec.

 

Le Grand Lièvre et moi avons rejoint le reste de la famille au mall Terminal 21 pour déjeuner. Cette photo montre les toilettes d’un étage du mall.

 

À Nakhon Ratchasima, nous nous sommes baladés dans la ville. Nous avons arpenté les rues, acheté des fruits et mangé dans les marchés locaux, de jour comme de nuit.
J’ai compris que la région de l’Isaan est plus pauvre que tout le reste de la Thaïlande.
Et on sent tout de suite que les gens ne sont pas habitués à voir des touristes. D’abord personne ne parle anglais, et puis ils sont surpris, ils nous regardent, ils rient entre eux de nous voir ici… mais on sent que c’est pas une moquerie, je ne sais pas comment expliquer mieux.
En fait je trouve que les habitants de l’Isaan ressemblent un peu aux Laotiens, dans leur spontanéité quand ils nous croisent. Il y a quelque chose de commun dans leur sourire sincère et bienveillant. En moins timides. Mais moi j’aime beaucoup la timidité, comme un peu tout ce que je ne suis pas.

Je dirais que l’Isaan combine la cuisine du Laos et les temples du Cambodge, avec des signes de pauvreté des deux pays. Mais en moins pauvre quand même, parce que c’est la Thaïlande. Les routes sont bitumées, on a accès à des vrais médicaments, l’insalubrité est moins systémique – malgré les rats qui courent sur les trottoirs.
Mais à Bangkok aussi, les rats. À Hua Hin, à Surat Thani, à Krabi. Partout on a vu des gros rats se faufiler sur les trottoirs devant nos pieds. Ça va, à Paris aussi y’en a.

 

Un resto de rue à Nang Rong où on a super bien mangé pour 30 bahts l’assiette (soit 0,80 €). Donc à peine plus de 4 € le dîner pour nous cinq. La cuisinière que j’ai prise en photo a complètement craqué sur Chouch (« I love you baby », « stay with me », et j’en passe !). Elle a offert aux babi une assiette entière de segments de pamplemousse – ils adorent – et un gâteau éponge au pandan et à la noix de coco.

 

Dans l’Isaan, il n’y a pas de samlo tuk-tuk, ni de jumbo tuk-tuk. Il y a soit le songthaeo, qui est une sorte de bus comme je l’ai expliqué en début d’article, soit, pour le transport individuel, le petit tuk-tuk de base ou le vélo tuk-tuk. J’aurais aimé photographier un vélo tuk-tuk pour la photo d’en-tête de mon article parce que nous n’en avons pas croisé dans les autres régions du pays, alors je trouvais que ça illustrait bien le Nord. Mais, de près, je n’ai pas osé. Et sur la route, ils roulent vite et la photo est floue.

Parce qu’ils font pas semblant, les mecs qui pédalent, ils font le métier – comme on dit en langage cycliste et que m’a appris mon ancien collègue de libraire BD. Ils ont pas genre un petit peu de gras dans le bas du ventre qui risquerait de les ralentir dans les montées. Ils sont séchés !
Et moi je veux pas monter là-dedans parce que je me sens trop mal à l’aise de me faire tracter. J’ai envie de descendre et de pousser le vélo.

 

Un songthaeo à Hua Hin, au sud de Bangkok. Celui-là était en bon état mais ils ne sont pas tous comme ça, surtout pas dans l’Isaan…

 

Voyage en bus Nakhon Ratchasima → Pak Chong (1h30).

Journée de trek dans le Parc National de Khao Yai (protégé par l’Unesco).

À l’aube, nous avons enfilé les grandes chaussettes anti-sangsues qui ressemblent à des guêtres de ski sauf qu’il y a le pied en plus.
Notre guide était top, quoique surexcité – il faut imaginer le cousin thaï de Jamel Debbouze qui inhale régulièrement le PIB de la Colombie par les narines*. Il fumait deux cigarettes à chaque arrêt de la jeep – sauf quand nous sommes entrés dans la forêt – et nous gratifiait d’un « c’est parti mon kiki ! » bien sonore en français à chaque redémarrage.
Sec, petit et nerveux, il montre, dans sa façon de nous emmener dans cette jungle dont il connaît le moindre recoin, un grand amour de la nature qui l’entoure. Passionné et vraiment désireux de nous faire découvrir le plus de beauté possible, sans forcer ce qui ne vient pas.
J’ai aimé son exubérance naturelle et son humilité par rapport à la forêt et aux animaux sauvages. Ce geste d’expliquer qu’on ne sait jamais ce qu’on va rencontrer parce que c’est la chance, le hasard, la nature, qui décident.

* Une image très juste qui m’a beaucoup plu ! Donnée par un couple de Français qui trekkaient avec nous ce jour-là et avec qui nous avons bien accroché.

 

Un arbre millénaire dans la jungle du Khao Yai National Park. Le tronc est creux dedans, et rempli de sortes de lianes qui sont comme des parasites de l’arbre. Mais c’est beau. Et on voit bien sur cette photo les longues chausses bleues que nous portions pour nous protéger des sangsues…

 

De la chance, nous en avons eue puisque nous avons vu des insectes étranges – comme ces petits trucs blancs qui ressemblent à des flocons de neige ou à de minuscules fleurs volantes – des scorpions, des varans, des biches locales, un serpent venimeux qui nous a uriné et déféqué à la face…

Et même des gibbons, que moi personnellement je n’ai pas vus parce qu’ils sont trop haut dans les arbres et que je ne sais pas observer (comme sur une échographie, je ne vois juste rien).
Notre guide les imitait à la perfection, le cri du mâle et le cri de la femelle, qui sont différents. Il riait tout le temps, il répétait avec une joie communicative : « They’re my family ! They’re my family ! My brothers ands my sisters ! ».

 

Donc ça, c’est un insecte en fait. En bordure de forêt tropicale. J’ai oublié le nom en anglais que le guide nous a donné, donc si vous avez une idée…

 

Notre guide m’a fait goûter des feuilles comestibles de la forêt et qui avaient comme un goût d’estragon (donc j’ai pensé à toi Arnaud, en plus qu’on était le jour de ton anniversaire 😉 ).

Et il n’avait pas peur de titiller le scorpion pour impressionner les babi – et moi aussi j’étais impressionnée d’ailleurs.
Impressionnée par le scorpion et impressionnée par l’énergie de notre guide qui a quitté Bangkok à 24 ans pour venir apprendre la vie sauvage ici, il y a dix-huit ans. Depuis dix-huit ans, il vient dans la forêt au minimum deux à trois fois par semaine, et, quand il peut, tous les jours. Il dit que c’est là qu’il se sent vivant, c’est là qu’il « respire » (il a dit « breathe »).
Et il a appris comme ça, au contact. J’étais impressionnée parce que je trouve que ça fait peur la jungle. On sent qu’on est minuscule.

 

Un « petit » scorpion dans la jungle du Khao Yai National Park. Nous n’avons pas pu prendre en photo le plus grand mais celui-là mesurait déjà la taille de ma main ! Notre guide a expliqué que les scorpions ont « huit yeux et six nez ». Les garçons ont été très impressionnés. (Je me suis retenue de demander combien de sexes aussi.)

 

Il faisait très chaud et la journée était longue, surtout quand on a levé tout le monde à 6h et que je me suis couchée à 3h30. Sur le chemin du retour, on était donc tous à somnoler vaguement à l’arrière de la jeep, les yeux mi-clos à cause de la poussière de la route. Moi je rêvais des trucs dans ma tête où il n’y avait ni serpent, ni scorpion, ni singe mais d’autres mots en S, quand notre guide a surgi en hurlant le plus doucement qu’il pouvait (hurler doucement, c’est tout un concept, il faudrait que je vous le fasse, c’est un peu comme hurler quand tu es quasi aphone) : « Elephants ! Here ! Elephants ! Look look ! Family elephant ! »

Et nous avons reçu de la nature – parce que nous avions quelques minutes auparavant ramassé un sac d’ordures qui traînait sur le chemin** – ce cadeau inespéré d’assister à la traversée d’une famille d’éléphants sauvages juste devant nos yeux.
Quand les éléphants se sont enfoncés de nouveau de l’autre côté de la forêt, Jamel Debbouze faisait des bonds partout autour de nous. Je crois que c’était le plus beau jour de sa vie.

 ** C’est l’explication à laquelle a conclu notre guide pour justifier ce cadeau inespéré !

 

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C’était merveilleux de voir ces éléphants en vrai mais j’avoue, j’étais pas rassurée…
C’est pas du tout comme s’approcher d’un troupeau d’éléphants dans une réserve protégée, où, même s’ils vivent en liberté, les éléphants sont habitués à la présence humaine. Là on sent très fort la différence. J’aimerais pouvoir expliquer en quoi mais c’est indéfinissable, on ressent juste au fond de soi de manière puissante que ce sont : des éléphants sauvages.
Après que le groupe a traversé la route pour rejoindre une autre partie de la forêt, une des mamans*** nous jette un regard comme pour nous prévenir que : ok, c’est bon, ils sont passés et on n’a pas bougé, mais que si elle veut, elle écrase notre jeep d’humains. Comme ça. (Claque ton pouce avec ton majeur gauche, à droite j’arrive pas.)

*** Les éléphants vivent en société matriarcale. Les mâles doivent rester solitaires (même ceux qui préfèreraient pas). Plus d’infos ici.

 

Serpent sur la branche d’un arbre dans le Khao Yai National Park. (Toi tout(e) seul(e) tu peux pas le voir sans un guide expérimenté !). C’est la seule fois où j’ai senti notre guide aux aguets. Où il n’a pas sautillé sur place telle une balle rebondissante et nous a même demandé de nous reculer. Ne pas rester sous l’arbre. Tant mieux, parce que j’aurais pas aimé recevoir ses déjections de serpent sur ma tête…

 

Voyage en bus Pak Chong → Nang Rong (2h30).

Bon ça c’était l’idée. Mais en fait le bus direct était plein. Donc plan B avec retour à la case de deux jours plus tôt :
Bus Pak Chong → Nakhon Ratchasima (1h30)
Puis autre bus complètement déglingué Nakhon Ratchasima → Nang Rong (2h30).

Nang Rong : Visite des anciens temples khmers Phanom Rung et Prasat Meuang Tam.
J’appréhendais les réticences des babi à marcher dans les ruines sous 42° (parce qu’on en est rendus là sur le thermomètre). 42°C., c’est la température à l’ombre bien sûr. Et les temples khmers sont des vestiges antiques qui se visitent en plein soleil…
Mais ils ont assuré. Ils ont grimpé les marches pour arriver jusqu’en haut de Phanom Rung sans broncher. Ensuite ils ont trouvé leur compte à courir dans les jardins, se cacher derrière les arbres, se frayer des passages secrets entre les vieilles pierres, de temps en temps faire une pause à l’ombre sous un portique pour souffler et boire de l’eau…

 

Le Marcass’, même pas trop au bout de sa vie, dans le temple khmer Prasat Meuang Tam au sud de Nang Rong.

 

Sur le site de Prasat Meuang Tam, nous étions seuls au monde et c’était vertigineux. Avancer, seuls, en 2019, au milieu de ces restes de constructions humaines tellement imposantes fait qu’on se sent encore minuscule. D’une autre façon que dans la jungle, mais minuscule.
Il faisait vraiment chaud (42° donc), mais je profitais parce que je savais que ce ne serait pas la même histoire dans quelques jours à Angkor Vat… (et encore, je ne savais pas ce qui nous attendait et qu’en plus de la foule on dépasserait les 45° !!!).

Voyage en auto-taxi Nang Rong → O Smach à la frontière cambodgienne (2h).
Puis O Smach → Siam Reap au Cambodge (3h).

 

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Départ de la Thaïlande pour… le Cambodge donc !

 

*****

 

Et vous, qu’est-ce que vous avez fait en Thaïlande ?

Avez-vous préféré la détente, la plage et la fête dans les îles du Sud, le Triangle d’Or et les temples bouddhistes du Nord, l’authenticité de l’Isaan, ou la vie nocturne et trépidante de Bangkok ?