La langue française & moi

 

Suite à plusieurs réflexions de mes ami(e)s mais pas que, de connaissances aussi, de gens qui lisent mon blog, je viens faire mon mea culpa. Avant de partir. Comme Roch Voisine.

Je sais que des fois j’ai l’air vénère. Je suis vénère. En vrai. Mais c’est parce que je m’emballe vite, c’est mon côté Walter Sobchak, je l’ai dit plein de fois déjà…
Au fond je sais que les choses ne sont pas si graves. Qu’elles ne devraient pas, disons.
Alors je vous propose juste une mise au point sur les plus belles images de ma vie mon rapport à la langue française (et promis, j’arrête avec les chansons pourries).

 
J’ai un p… de problème

Il se peut, effectivement, que je sois un peu rigide. Que la faute me heurte méchamment.

Par exemple quand elle s’invite dans les menus des crêperies, ou quand elle s’affiche sans complexe en trois mètres sur quatre sur la vitrine d’une pizzeria qui se situe entre l’école et chez moi.
C’est-à-dire devant laquelle je passe au minimum deux fois par jour AVEC LES BABI + deux fois toute seule, ça fait déjà quatre, et je me retiens sévère de ne pas leur coller un bandeau sur les yeux pour que ces horreurs ne se fixent pas dans leur cerveau alerte.

Bon, là par exemple voyez, je m’emballe. Toute seule. Nan mais la meuf. « Alors elle, elle a un problème », comme dirait papa Écureuil.

Je sais que je suis une intégriste de l’orthographe. De la syntaxe. De la grammaire. De la conjugaison et de la concordance des temps. C’est vrai.
Et en plus les mots ont du sens pour moi, donc je tyrannise mes enfants sur le vocabulaire qu’ils emploient.

On ne dit pas « coussin » si on parle d’un oreiller.
On ne dit pas « je voudrais encore du gâteau s’il te plaît » en montrant la tarte aux noix.
On ne dit pas je t’aime pour merci.

Je suis dure, parfois.

Et, j’avoue, même si c’est vrai que je ne m’occupe pas des devoirs et de l’école, jamais, je ne veux pas que l’un de mes babi écrive un jour, comme je l’ai lu sur un blog de cuisine (j’en ai fréquenté beaucoup avant de trouver les miens) : « quant les carotte son cuitent ».

Je l’ai recopié direct sur mon carnet, mot à mot, parce que je n’arrivais même pas à le croire. Il y avait en truc qui était dingue en moi, genre c’est pas possible quoi, on ne peut pas écrire ça ! ON NE PEUT PAS !!!

MAIS…

Mais après tout, quand j’essaye d’y penser sans m’énerver, c’est-à-dire quand je cherche la fille en moi qui a le soleil dans les yeux, vous savez, celle qui est partie dans le ciel avec les diamants,  eh ben je me dis : et pourquoi pas ?
Qu’est-ce que ça peut faire, après tout, du moment que « quant les carotte son cuitent », le ragoût est bon ?

Qu’est-ce qu’on s’en fout, finalement ?
POURQUOI je fais une histoire monstrueuse pour quelques fautes alors que, de plus en plus, tout le monde s’en fout ?
Des fautes, j’en vois partout, tout le temps. Sur la petite annonce scotchée à la boulangerie, sur le mot d’absence de l’agence immobilière en bas de ta rue, évidemment sur Internet où les « carotte cuitent » sont légion, mais aussi dans les journaux à grand tirage comme dans les cahiers d’école de tes enfants.
And so what, puisque même les mails rédigés par des gens qui occupent des postes « à responsabilités » sont blindés de fautes ?

 

Ouais, deux fautes dans un mot, écrit en super gros. Sur le chemin de l’école. J’avoue, je frémis. Je palpite même. Je trace ma route sans regarder. Mais, au fond, est-ce qu’il ne vaut pas mieux que la pâte soit faite maison avec deux fautes et bonne, que sans faute mais industrielle et infâme ? Au fond, vraiment tout au fond ?

 

Alors c’est quoi mon p… de problème ??

Ouais bah je sais pas. Je sais pas pourquoi j’en fais toute une histoire et je sais même plus où je voulais en venir parce qu’en fait ce que je voulais dire, c’est tout l’inverse.

 
Mais ce n’est pas votre problème !

Ce que je voulais dire, c’est que, dans certaines situations, la faute glisse sur moi et puis transpire, comme à mon retour de footing. C’est pas que je ne la vois plus, hein, je ne vais pas non plus raconter des gros mythos, mais elle glisse de mes yeux et elle n’est plus une vilaine tache. Voire je l’aime comme elle est. Si si, pour de vrai.

Ces situations dont je parle, c’est par exemple dans les petits mots de mes babi.
Comme le dessin de quand la Petite Souris était au CP que j’ai pris en photo pour illustrer cet article, là-haut, tout en haut, et qui est aimanté sur mon frigo depuis deux ans et demi. Vas-y, remonte ta page jusqu’en haut pour le revoir, je t’attends.
Bon, ce dessin, c’est pas parce que je ne fais pas le ménage chez moi, non non non, en deux ans et demi, je peux t’assurer qu’il y a un paquet de dessins, de post-it et de petits mots qui ont dégagé du frigo, mais celui-là non.

Je l’enlève, je nettoie en dessous et je l’aimante à nouveau. Parce que je l’aime. Avec toutes ses fautes.

Et il s’opère la même magie dans les lettres d’amour (ou les textos-sms eh ben c’est la même chose, dirais-je pour les plus jeunes d’entre vous parce que c’est vrai qu’il n’y a plus de lettres maintenant. Plus de saisons. Plus rien.).

Attention, je ne suis pas en train de sous-entendre que papa Écureuil fait des fautes quand il m’écrit – d’ailleurs, sûrement il n’en fait pas – je parle des lettres d’amour en général. Celles que j’ai reçues de mes amoureux d’avant, et puis celles des autres, mes cops, la Petite Souris déjà…

 

Alors mon message limpide et sincère de vous à moi, c’est :

NE VOUS RETENEZ PAS D’ECRIRE DES COMMENTAIRES SUR MON BLOG PARCE QUE VOUS AVEZ PEUR DE FAIRE DES FAUTES !

Ça me peine que plusieurs d’entre vous aient évoqué cette crainte parce que je me rends compte que je bloque les gens avec mes prises de position rigides. Alors que dans ce cas précis, vraiment, je m’en fous.

Je suis heureuse d’avoir des retours sur mes articles. De savoir que certain(e)s sont touché(e)s par ce que je partage. Quand vous me le dites de vive voix, mais aussi quand vous l’écrivez dans les commentaires sous les articles.
Et, même si c’est pas un mot d’amour, c’est tellement plus important pour moi de lire ce que vous prenez le temps de m’écrire que de pointer si vous faites des fautes ou pas…

Alors FEEL FREE !

Dites-vous que, des fautes dans les commentaires, de toute façon y’en a déjà, et elles m’empêchent pas d’aimer et de relire ce que vous m’écrivez.  ♥♥♥

(Et puis franchement, vous pouvez pas faire pire que « quant les carotte son cuitent », si ?!)

Allez, lancez-vous…