Comment fait-on des enfants ?

Photo : Le Marcass’ en Sardaigne, quand il n’avait pas encore 4 ans mais presque (avril 2017). Qu’est-ce qui, chez les enfants petits, est inné ? Qu’est-ce qui est acquis ?

 

Hier, le Marcass’ (7 ans) est parti en vrille à cause d’une carte de l’Italie et de pâtes que je lui ai demandé de dessiner. Gentiment. Je lui ai demandé gentiment. S’il te plaît, est-ce que tu veux bien. Et il est parti en vrille.

– Nan mais toi t’ordonnes ! Tu diriges tout, t’ordonnes ma vie, on dirait que t’es la reine ! Mais c’est MOI le roi et j’ai pas envie de faire tes pâtes, moi je veux que tu sois ma serviteuse !

J’en suis restée baba, comme disait ma grand-mère. Papa Écureuil était dans la cuisine en train de préparer un bouillon de légumes, il a pris un fou rire. Continuer la lecture de « Comment fait-on des enfants ? »

Pourquoi fait-on des enfants ?

Photo : C’est une photographe qui est venue me voir au parc il y a quelques années pour me demander si j’accepterais qu’elle prenne mes enfants en photo. J’ai dit oui mais j’ai oublié son nom. Au cas où, si elle passe par là… (septembre 2015).

 

Je sens qu’avec ce titre vous vous attendez à une blague, un article sur le mode : qu’est-ce qui m’a pris ?? (de faire des enfants)
Mais non. Je suis très sérieuse.

Pourquoi fait-on des enfants ?

Pourquoi, alors même qu’on signe ainsi la fin de l’insouciance et qu’on ne cessera plus jamais de s’inquiéter pour eux, toute la vie, parce qu’ils toussent, parce qu’à l’école ça va pas, parce qu’en grande section de maternelle cette pimbêche de C. a refusé la carte de Saint-Valentin que mon petit lapin avait préparée avec tant d’amour un jour je vais lui péter les dents et lui couper ses cheveux de Barbie girl pendant son sommeil ce sera bien fait pour sa face, nan mais comment elle a pu faire ça à mon tout petit, parce qu’on ne peut pas les protéger des ronces et des orties sur le chemin qu’ils prennent quand ils nous lâchent la main, parce qu’ils sont avec Lucy dans le ciel, pourquoi ? Continuer la lecture de « Pourquoi fait-on des enfants ? »

Coup de mou

Photo : Tu vois l’enfant ? Il est fatigué. Il ne peut plus tenir sa tête (janvier 2021).

 

En ce moment, j’ai un enfant de 9 ans qui est trop fatigué pour continuer de se lever tous les matins pour aller à l’école. Que ce soit le plus gros dormeur de toute la maisonnée, et ce depuis la nuit des temps, ne fait rien à l’affaire.

Quand on est fatigué on est fatigué
Que ce soit le printemps, que ce soit l’hiver
Quand on est fatigué on est fatigué.

Tellement fatigué que, la semaine dernière, l’enfant s’écroule sur sa table dès qu’il entre en classe. L’énergie lui manque pour tenir sa tête. Tourner les pages de son cahier. La maîtresse s’inquiète. À 8h40, l’école t’appelle pour revenir le chercher.
L’enfant est à plat mais quand même un peu revigoré à l’idée de possiblement passer toute la journée sans conjuguer un verbe au futur ni faire de l’écriture. Dans un ultime sursaut, il donne alors toutes les informations qu’il sait nécessaires à sa libération imminente :

– Maman est en train de courir, papa est en télétravail.

Mais sa suite de mots qui a pourtant un sens, commence par une majuscule et se termine par un point, a dû tomber derrière l’armoire des vieilles archives de la salle des maîtres – ou peut-être Continuer la lecture de « Coup de mou »

En attendant le Père-No

Photo : Le Grand Lièvre attend le Père-Noël. À dos de T-rex parce que les rennes c’est surfait…

 

Ce soir c’est la nuit de Noël.
Les enfants iront se coucher avec des étoiles dans les yeux et des espoirs fous au cœur.
Les adultes, ben c’est les adultes. On ira se coucher aussi sans doute.

Au début du mois, le Grand Lièvre (9 ans) a déclaré, à table, entre les poireaux vinaigrette et le crumble de brocolis aux noix de pécan :

Mais maman, pourquoi tu mets toujours des noix, tu sais que j’aime pas ça !
– Y’a trop d’infos sur le Père-Noël maintenant. Y’a plus de magie.

 

Alors deux jours plus tard, on a décoré un sapin. Un vrai de vrai qu’on a acheté, qui a poussé dans la terre, avec des aiguilles et tout.
Pas comme il y a cinq ans, quand on en a fabriqué un avec des morceaux de bois.
Pas comme il y a quatre ans, quand on Continuer la lecture de « En attendant le Père-No »

À bas la balade !

Photo : Le Grand Lièvre et le Marcass’ chez papy et mamie (Saint-Génis-des-Fontaines, octobre 2020).

 

À cause de ma chute, je ne peux plus courir.
Y’a des choses plus graves, je sais. Mais à mon niveau c’est grave. Ça amplifie la douleur – déjà que. Merci d’ailleurs à toutes celles et ceux qui se sont déjà fêlé le coccyx et qui m’ont couverte de messages de compassion et de sollicitude ! Ça ne répare pas mais ça fait du bien de se sentir moins seule.
Entretemps, si vous suivez ce blog, vous savez que c’est une sage-femme qui m’a réparée.
Une sorcière pas comme les autres.

Mais bon, il est encore trop tôt pour reprendre la course. Surtout que là, je sais pas ce qui lui prend, ma cheville gauche me rappelle soudain qu’elle aussi, elle a mal.
Elle manque d’attention ? C’est une conspiration, j’ai demandé ?

– Non, c’est bientôt Noël, a répondu Papa Écureuil. Ton corps s’émiette.

Le lien de cause à effet ne semble peut-être pas directement évident, et pourtant si.
Moi Noël c’est pas ma période.
L’hiver c’est pas ma saison.
2020 c’est pas mon notre année. Continuer la lecture de « À bas la balade ! »