T’es un p’tit peu trop à gauche…

Photo : Aujourd’hui sur la Great Ocean Road, entre Melbourne et Adélaïde (Australie, novembre 2018).

 

Demain ça fera deux semaines déjà qu’on sillonne la côte sud-est de l’Australie en campervan.
On roule, on s’arrête dans un campement, on se balade sur la plage ou en forêt, on mange, on dort, le lendemain on visite ou on explore, on voit des animaux, on travaille, on remange, on redort et on repart. À peu près.

Aujourd’hui on a découvert la Great Ocean Road, la route mythique, celle pour laquelle on a décidé de descendre vers le sud, sur les premières notes de In the back seat (B.O. du voyage, n°18).
Bon, moi je suis pas in the back seat vu que je conduis.
J’aime conduire. Toute la nuit tout le jour, tout le temps.

Je préfère tellement être celui qui conduit que celui qui est assis à côté. Celle souvent. Qui gère les disputes et les quand est-ce qu’on arrive des babi.

Moi je roule et je me coule dans la musique. Je n’entends plus rien d’autre, le moteur du camion fait tellement de bruit qu’il étouffe complètement ce qui se passe à l’arrière.

 

In the back seat. Il y en a qui embêtent, d’autres qui crient et qui tapent, et quand c’est fini ça recommence…

 

Tous les jours, on conduit sur notre B.O. du voyage. Elle collait moins au Sri Lanka, à Bali, mais ici elle est juste parfaite pour la route. On dirait qu’elle a été étudiée pour…
D’ailleurs si vous voulez nous suivre sur la Great Ocean Road et vous mettre un peu dans l’ambiance, c’est le moment idéal pour écouter Ocean, de John Butler Trio (B.O. du voyage, n°7). Écrite et composée par un Australien.
Pourtant, la chanson que j’ai tout le temps dans la tête en ce moment, c’est Big Jet Plane, d’Angus & Julia Stone (B.O. du voyage, n°16).

She drives me crazy… Gonna take her for a ride on a big jet plane. Hey hey.

Je l’ai dans ma tête quand je conduis et je suis complètement dans ma tête aussi, avec plein d’images, plein de pensées, d’ici, de chez nous, c’est trop tentant de se laisser partir on a big jet plane
Mais parfois je pars vraiment trop loin et je me fais peur, c’est ce qui rend les routes australiennes dangereuses à mon avis.

L’échappée.
Les longues distances sans croiser personne (ou presque), les paysages qui s’étirent, l’horizon loin devant.

Heureusement je ne suis pas seule.
À intervalles réguliers j’entends des « ralentis un peu mon amour », ou « t’es un p’tit peu trop à gauche là », qui me tirent de ma rêverie, me ramènent sur la route. Quelqu’un veille.

 

Mes cheveux ont repoussé à fond !!! Il faudrait que quelqu’un me rase la tête de nouveau

 

Je ne sais pas comment Mickaël vit les moments où c’est lui qui conduit. Peut-être qu’il vous racontera ? Mais bon, c’est comme pour le Mont Batur : plus je lui demande s’il compte écrire pour le blog, moins il a envie de le faire…
Alors que ce serait chouette d’entendre sa voix ici de temps en temps. Pour changer un peu de la mienne. Bref.

Quand je suis assise sur le siège passager – parce que ça arrive quand même – moi aussi je lui balance régulièrement : t’es trop à gauche. T’ES TROP À GAUCHE LÀ PITAIN !
(De manière générale, pour parler, je mets moins les formes que lui.)
Il corrige sa trajectoire, revient à droite. Non sans lâcher une petite blague sur le thème : Ouais bah… toujours moins que toi ! Dois-je te rappeler pour qui j’ai voté ?… Ou des fois juste il me répond, et j’adore : Be my lover, my lady river… (Big Jet Plane). 

 

Sur la route ce matin, les photos que prend papa Écureuil avec son téléphone (quand c’est moi qui conduis !).

 

C’est sûr qu’on n’a jamais autant utilisé les rétros latéraux de notre vie.
Pour contrôler qu’on reste bien entre les lignes de chaque côté.
En agglomération surtout, ça devient chaud si t’es perdu(e) trop loin dans ta tête parce qu’il y a beaucoup d’autos garées sur ta gauche, beaucoup de ronds-points, et tu peux pas tous les prendre à l’envers

Aujourd’hui par exemple, pour sortir de Melbourne, je me concentrais à mort sur des choses concrètes qu’on a vues hier et des trucs que j’ai lus à plusieurs reprises.

« Melbourne est une jolie ville, la plus européenne de toutes les villes australiennes ».

Ah han. Attentive à la route, cramponnée au volant pour lutter de toutes mes forces contre les violentes bourrasques de vent qui déportent le campervan sur la file de droite, je demande à papa Écureuil :

–  Nan mais européenne en quoi ? Le temps qu’il fait ? Je veux dire, on peut pas dire que c’est une jolie ville comme Amsterdam, ou, je sais pas moi, Rome ! (sans vouloir toujours tout ramener à Rome mais quand même…)

–  Alors toi tu compares Melbourne à des cités millénaires ! Mais tu peux pas ! Les Anglais ont construit le premier bagne en Australie en 1790, et le pays n’est devenu une fédération du Commonwealth qu’en 1901. Ça fait QUE 120 ans, t’imagines ? Y’a pas d’histoire ici, Melbourne c’est joli parce que ça a l’air d’être une ville agréable à vivre*, c’est tout.

–  Ah ouais. 120 ans. C’est pour ça aussi que, au niveau culinaire, à part les saucisses de ta grand-mère au barbecue, y’a juste RIEN !

 

Une rue du centre de Melbourne hier. Il y a des décorations de Noël partout mais on est en tee-shirt et en short ! (Australie, novembre 2018).

 

Après j’ai réfléchi (c’est mon problème, je réfléchis souvent après) et j’ai pensé qu’on n’a pas vu d’autre ville que Melbourne. Ça viendra, mais pour l’instant on ne fait que traverser des bleds sur la route, alors je peux pas me rendre compte si c’est « la plus européenne de toutes les villes australiennes ».

Papa Écureuil a trouvé que Melbourne était plus proche de Chicago par certains côtés. J’aimerais bien avoir un avis mais il ne m’emmène pas à ses séminaires professionnels donc je ne sais pas.

 

* En arrivant au campement, pendant que Mickaël faisait travailler les babi pour l’école, j’ai cherché un peu sur Internet (malgré une connexion deux de tension), et j’ai trouvé que Melbourne est régulièrement consacrée « ville la plus agréable du monde ».
Elle est aussi connue pour sa météo changeante au quotidien. Les Australiens nous parlent très souvent et on nous a beaucoup dit que Melbourne est la ville où tu peux vivre les quatre saisons en une seule journée. Je le crois. Hier on a eu très chaud, puis très froid, puis re-très chaud (puis re-très froid). C’était l’instant météo.

 

L’entrée du campement de Kennett River (Australie, novembre 2018).

 

Et ce soir, on fait halte à Kennett River : une petite bourgade sur la Great Ocean Road où, à part l’océan, les kangourous, les koalas et les cacatoès à houppe jaune, y’a rien – d’où que je galère avec une connexion deux de tension donc !
Maintenant tout le monde dort dans le campervan pendant que je suis en train d’écrire et il faut que je ressorte pour aller aux toilettes et chercher de l’eau, mais il y a des bruits de ouf dehors : ce sont les koalas. Tu crois que c’est tout bignon, un koala, ça a l’air d’une peluche et tout, mais en vrai ça fait un cri de gros phacochère vénère. J’ai lu que c’est pour attirer les femelles mais franchement c’est flippant, on dirait des ours qui ont faim, moi j’ai peur de sortir toute seule dans la nuit…

 

Bignon, vraiment ? Il fronce les sourcils, on dirait il va me dévorer…

 

 

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Et vous, connaissez-vous Melbourne ?

Avez-vous déjà entendu un koala qui grommelle (comme un sanglier) ou qui gronde (comme un ours), voire qui barrit (comme un éléphant) ???
(Question subsidiaire : qui sait comment on appelle le bruit du koala ?)