Tout ce que je sais

Photo : Avec le Pap’, dans une pagode qu’on a visitée à Hoi An (Vietnam, mai 2019).

Par la Petite Souris au Vietnam.

 

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit d’article sur le blog car je prépare un gros article qui prend du temps. Mais je ne peux pas en parler tout de suite parce que c’est une surprise

Depuis quelques semaines, je me rends compte de la chance qu’on a de faire ce tour du monde.
Avant les gens nous le disaient tout le temps et j’en avais marre parce que c’est facile de dire ça pour eux :
Oh c’est super ce que vous faites ! Quelle chance vous avez !
Alors que eux, ils restent bien tranquilles chez eux.

Mais maintenant je vois tout ce qu’on fait et la chance qu’on a de connaître d’autres pays. Nous apprenons des choses que nous ignorions, comme par exemple les cartes des pays et toutes les religions (surtout le bouddhisme !).
Nous voyons aussi que les gens dans les autres pays ne vivent pas comme nous. Par exemple :

Crever de chaud tout le temps, toute l’année ;
Ne pas jeter le papier dans les toilettes ;
Ne pas pouvoir boire l’eau du robinet, même pour se rincer les dents ;
Se laver les cheveux et le corps dans l’eau du fleuve parce qu’ils n’ont pas de douche et pas les moyens de payer l’eau ;
Se coucher tôt dans les villages où il n’y a pas d’électricité ;
Manger toujours la même chose, c’est-à-dire du riz, encore du riz, toujours du riz, du riz du riz du riz ! Et de la noodle soup. Et après, encore du riz.

 

C’est au bord d’un fleuve, dans le delta du Mékong au Vietnam. Les gens n’ont pas de machine à laver. Ils vivent dans des cabanes en tôle et ils lavent leur linge dans le fleuve où ils se lavent aussi.

 

En fait la chance qu’on a, c’est de nous rendre compte, GRÂCE AU VOYAGE, de la chance qu’on a de vivre en France.

Je sais que c’est bizarre à dire mais on ne peut pas s’en rendre compte si on le vit pas. Surtout quand on fait des choses dures, comme marcher des heures sous cette chaleur abominable que personne ne connaît en France. Après on peut être fier(e) de l’avoir fait, parce qu’on a été courageux(se), mais sur le moment c’est méga dur.  🙁

 

Dans la barque, quand on s’est levés hyper tôt pour aller voir les marchés flottants à Can Tho. Le monsieur qui conduisait notre barque nous a donné des chapeaux pointus et c’est vraiment bien pour se protéger du soleil (même si on dirait une vieille grand-mère moche !).

 

Dans les pays d’Asie du Sud-Est surtout, on voit la pauvreté. Et si on était restés chez nous en France dans notre vie d’aller à l’école, on n’aurait jamais pu se rendre compte de comment c’est dans les autres pays où il fait très chaud. On voudrait juste avoir des nouveaux habits, ou une tablette et un téléphone.

Mais ici, dans les pays d’Asie du Sud-Est comme le Cambodge ou le Laos, quand les gens sont pauvres, souvent les enfants travaillent pour aider leurs parents et ils ne vont pas à l’école.

On en a vu plein dans la rue qui vendent des choses et ils sont toute la journée dans la rue tout seuls alors qu’il fait hyper chaud et ils se plaignent pas comme nous.

Par exemple à Angkor, dans le troisième temple qu’on a fait du nom de Ta Prohm, il y avait des enfants pieds nus qui vendaient des éventails et des petites pochettes à souvenirs pour les touristes. Le sol était méga méga brûlant, donc je me disais qu’ils souffraient tous les jours sans se plaindre avec leurs pieds. Peut-être que maintenant le dessous de leurs pieds est tout le temps brûlé jusqu’à la fin de leur vie.

 

C’est à Pakbeng, au Laos, où on s’est arrêtés pour dormir quand on a pris le bateau les deux jours sur le Mékong. Souvent, quand les enfants se regroupent dans la rue, c’est qu’ils se mettent ensemble pour ramasser des canettes vides et après ils les apportent à quelqu’un qui les recycle et qui les paye en échange.

 

Dans les restos de rue aussi, parfois ce sont les enfants qui servent, et même qui préparent les plats.
À Kep, quand le Pap’ a fait un malaise, c’est une petite fille qui a pris sa commande et qui est allée préparer son riz frit. Et elle avait l’âge de Lulu avant son anniversaire, c’est-à-dire sept ans. Moi à sept ans je ne savais rien préparer à manger, à part des gâteaux et des biscuits avec maman ! Et même là que j’ai dix ans, je n’ai jamais rien préparé toute seule sur le feu.

Ces enfants ont une vie très différente de la nôtre.

Et le pire pour la petite fille de Kep, c’est que, quand elle avait fini de préparer le riz frit, après elle essuyait les fourchettes et les cuillères du restaurant pendant que ses frères étaient en train de faire des jeux vidéo sur un téléphone portable !

 

C’est le garçon qui s’est occupé de notre repas à Siem Reap, au Cambodge. On lui a pas demandé mais il devait avoir mon âge, ou neuf ans.

 

C’est ça qui m’étonne ici. C’est qu’on est dans des pays pauvres mais TOUS les enfants sont tout le temps devant des écrans, sur les téléphones de leurs parents, à regarder des vidéos sur YouTube ou à faire des jeux vidéos. Même les tout-petits qui n’ont pas deux ans, dans les marchés ou les restaurants et les hôtels où leur maman travaille, ils sont TOUJOURS sur le téléphone.
Les enfants de ces pays-là passent beaucoup plus de temps devant les écrans que nous.

Et ce qui est bizarre, c’est que même si on est dans des pays pauvres, le wifi est meilleur que par exemple en Australie ou en Nouvelle-Zélande qui sont des pays riches. En Asie, il y a du wifi gratuit dans tous les hôtels, même dans les plus petites guesthouses qui ne sont pas très propres, où il y a des gros cafards et pas de clim, il y a quand même du bon wifi.

 

Même là où c’est hyper pauvre, tous les gens ont au moins un téléphone avec Internet et du wifi. Sur la photo c’est à Otres Beach, au Cambodge. On a discuté avec un Français qui vit encore là mais qui va partir à cause des Chinois, et il a dit que les enfants au Cambodge sont déjà devant un écran sur un portable quand ils savent même pas encore marcher !

 

Ce que j’aime pas en voyage, ce qui me fait le plus peur, c’est quand l’un de nous est malade.
Le pire c’est quand c’est maman, comme là au Vietnam, et qu’elle peut pas se lever et que ça dure longtemps. Elle tousse méga fort et moi ça m’inquiète et ça m’énerve en même temps.
En plus c’est la première fois depuis le début du voyage que j’entends maman dire qu’elle veut rentrer à la maison. Elle dit que c’est pour être au calme et se soigner bien avec du thym et du nigari, mais je sais qu’elle en a marre aussi de manger les choses ici.
Il faudrait la soupe de mounette !

Moi aussi j’en ai ma claque de la nourriture asiatique. Pardon mais c’est vrai.

Vous pouvez croire que vous aimez la cuisine thaïe ou vietnamienne, mais nous ça fait trois mois qu’on est là. Et même quelque chose que vous aimez, si vous mangez QUE ÇA, tous les jours à tous les repas, même le petit-déjeuner, au bout d’un moment vous n’aimez plus !

À la fin du Cambodge quand j’ai été malade, je voulais carrément plus rien manger. Même le riz blanc, ça me dégoûtait.
À Hoi An, on a trouvé un resto vietnamien végétarien qui n’est PAS pour les touristes et qui sert quand même de la ratatouille, donc ça c’était cool.

 

C’est à Kep, avant qu’on parte du Cambodge. J’en pouvais plus. Je voulais plus rien manger !

 

Le reste du temps, je me console en pensant qu’on va bientôt aller au Japon et que la cuisine sera meilleure là-bas. Ou qu’au moins ça nous changera. Et puis quand on rentrera à la maison. Pour ça aussi on a de la chance de vivre en France, parce que chez nous la cuisine est variée !
J’ai hâte de retrouver les goûters trop bons de la maison. Et de refaire un tiramisu au café et aux spéculoos avec maman.

Au Vietnam, on peut trouver du tiramisu dans des hôtels ou des boulangeries mais ils sont toujours moins bons que celui de la Mam’.

Et j’ai demandé à mamie de la purée d’amandes complètes Jean-Hervé pour quand on va rentrer cet été. Avec du pain au levain. Et des rochers au chocolat, et une tarte aux pommes sans sucre, juste la pâte maison et les pommes en tranches fines. Mais le Pap’ préfère épais, alors soit on fait des tranches moyennes, soit maman fait la moitié de la tarte en tranches fines et l’autre moitié en tranches épaisses. Comme dans la tarte Tatin qu’on avait dévorée avec Lulu, où les pommes étaient juste coupées en deux, miam miam miam !

Mais c’est comme le pot-au-feu de la maison, il faut pas trop que j’y pense car ça me donne trop envie et après c’est encore plus dur…  🙁

 

Je déteste cette photo mais j’étais dans le délice avec juste une seule cuillère de tiramisu ! 

 

Sinon, j’ai encore perdu une dent… et le dragon des dents (c’est ce qu’on a dit à Chouch 😉 ) m’a apporté 22 000 dongs. La Mam’ a fait waaah comme si c’était super, mais 22 000 dongs, c’est rien du tout, ça fait même pas 1 € ! (Pour info, 26 000 dongs = 1 €).

J’espérais quand même avoir plus, vu que c’est une molaire que j’ai perdue, et les molaires c’est gros, donc ça devrait au moins rapporter 2 € (c’est-à-dire 52 000 dongs). Mais apparemment le dragon du Vietnam, c’est comme la petite souris chez nous, il lâche pas beaucoup…
Le matin, Marce a dit : « Peut-être qu’il a des petites poches ? ».
Le Pap’ et la Mam’ ont trop rigolé mais moi je trouve ça pas drôle.

 

Ce sont les deux billets que m’a apportés le dragon vietnamien pour ma dent… Sur le deuxième billet, le billet de 2 000 dongs qui est à droite, on peut voir comment c’était le travail sous le communisme où tout le monde devait être habillé pareil.

 

 

J’aimerais demander aux enfants de ma classe et à mes autres amies et amis qui sont pas dans ma classe s’ils aimeraient partir en voyage autour du monde comme nous ?

 Et combien vous avez quand vous perdez une dent ?

 

Garance