À toute heure du jour et de la nuit

Photo : Une marmite qui mijote dans une rue de Bangkok (Thaïlande, février 2019).

 

Manger dans la rue en Thaïlande

ΞΞΞΞΞ

 

La Thaïlande, c’est LE pays de la street food. Il y a des vendeurs partout dans les rues, à n’importe quelle heure, sur une simple table pliante en inox, un chariot, un tricycle, même une barque j’ai vu !

En Thaïlande, tout le monde mange ou achète à emporter dans les stands ambulants sur les trottoirs ou les marchés de jour ou de nuit. Cette cuisine de rue est essentiellement constituée de plats traditionnels thaïlandais, sains et équilibrés, loin, très loin de la junk food. Mais elle comporte aussi quelques spécialités typiques de la rue comme les brochettes ou le Som Tam.
C’est ce dont je vais vous parler ici.

 

Une rue de Bangkok. Le marché, les échoppes en ébullition… toute la nuit tout le jour.

 

Pour nous Français, ça paraît dingue de ne pas cuisiner soi-même et de manger TOUS LES JOURS dans la rue. Mais c’est parce que ici en Thaïlande, ça revient moins cher que de préparer à la maison.
À Surat Thani, un midi qu’on a adoré, on a mangé à cinq pour 100 bahts, soit 2,68 € ! Et c’était super bon. Et la cuisinière, qui ne parle pas anglais, a un sourire empreint d’une telle malice et d’une telle gentillesse que ça donne envie de sourire à son tour. J’ai pris une photo d’elle et de ses gamelles que j’ai mise en tête d’article, vous pouvez la voir ici.

Mais bon, 100 bahts à cinq, c’est quand même exceptionnel. C’est parce que les babi ne voulaient que des nouilles nature au bouillon et sauce de soja.

Sinon, la plupart des plats dans les cantines de rue sont autour de 50 à 60 bahts, c’est-à-dire 1,30 € à 1,60 €. Parfois ça monte à 80 ou 100 bahts, même 120 bahts allez, pour un Tom Ka ou un gros bol de Tom Yum par exemple, soit respectivement 2,25 €, 2,60 € et jusqu’à 3,30 €, et on compense avec la noodle soup des babi à 40 bahts (soit à peine plus de 1 €).

 

La cuisine ouverte de la muslim kitchenette à Krabi, où nous mangeons tous les jours : le midi sur place, le soir à emporter.

 

Dans les restos de Blancs, il faut compter au minimum 150 à 200 bahts par plat (d’après ce qu’on voit affiché à l’extérieur des restaurants).

 
Plats typiques de la rue

Khao Man Kai

Le Khao Man Kai c’est, en traduction littérale, du riz au poulet : des morceaux de blancs de poulet, du riz blanc et un bol de bouillon, accompagné d’une sauce piquante servie à part à base de gingembre, ail, piment et sauce soja.
Bon. Disons que tout est dans cette fameuse sauce piquante parce que, sans la sauce, le plat en lui-même n’a pas trop d’intérêt à mon goût…
Mais les Thaïlandais adorent, on en trouve dans presque toutes les cantines, c’est peut-être le plat de street food le plus populaire du pays !

 

J’ai choisi un Khao Man Kai au gingembre frit. (J’ai déjà dit ici à quel point j’aime le gingembre sous toutes ses formes ?). On voit bien les fins bâtonnets de gingembre frit mais j’ai oublié de prendre en photo la sauce piquante !!!

 

Pla Krapong Tot Nam Pla

C’est un filet de poisson frit, ou un poisson entier grillé, servi avec une coupelle de sauce de poisson à part. La sauce de poisson, c’est simplement de la sauce nam pla (que vous connaissez sans doute mieux sous le nom de nuoc mam, son équivalent vietnamien) avec des petits morceaux d’ail dedans.

 

Un poisson-chat grillé, avec la sauce nam pla pimentée. En arrière-plan, ce sont des feuilles de basilic sacré (et des rondelles de concombre).

 

Pat Krapao

Le Pat Krapao consiste en de la viande (porc ou poulet) ou des fruits de mer (crevettes ou calamars) sautés dans de la sauce d’huître avec une poignée de feuilles de basilic sacré.
On peut demander du tofu à la place de la protéine animale (amis véganes, je fais le taf pour vous 😉 ) mais j’ai bien senti que c’était pas hyper courant. Et de toute façon, il y a la sauce d’huître donc si vous êtes végane, choisissez plutôt le Som Tam dont je vous parle juste après. Ah nan c’est vrai il y a les crevettes séchées… Eh ben si vous êtes végane, eh ben c’est pas facile pour vous – même si c’est quand même mieux qu’avant. J’écrirai peut-être un article à votre attention à la fin du voyage.

 

La sauce est bonne mais elle est quand même hyper salée, c’est bien d’avoir du riz pour absorber (et de l’eau pour une heure après)…

 

Som Tam

Originaire de l’Isan, la région du nord-est de la Thaïlande, le Som Tam est une salade de papaye verte ultra pimentée.
La papaye verte est une papaye pas mûre qui n’a rien à voir avec la papaye mûre puisqu’elle est dure à mâcher et de couleur entre blanc et vert pâle (au lieu de jaune ou rouge orangé). En termes de couleur et de texture, on dirait du chou blanc émincé en fait, voyez ?
La papaye – verte donc – est coupée en fines lamelles et pilée avec du jus de citron vert, de la sauce nam pla, du sucre de palme, et du crabe fermenté ou des petites crevettes séchées.

J’aime beaucoup le mélange de l’acide, du salé, du sucré et de l’amer (même si je préfère le doser moi-même 😉 ). Ici on ajoute ail, arachides concassées et force petits piments très forts (phrik). Mais force force quoi.

 

Ma salade de papaye verte. Les assiettes sont en mélaminé, comme pour la dînette mais en moche…

 

Le Som Tam est un plat très populaire qui existe en plusieurs versions. Parfois on trouve des tomates cerise en plus, et on peut aussi la demander avec des nouilles dedans.
Nous on a mangé notre salade de papaye verte à sec, mais on l’apprécie mieux si on peut alterner quelques bouchées avec du riz gluant (khao niaw). Rapport au feu sur tes lèvres, dans ta bouche, à l’intérieur…

 

La salade de papaye verte de papa Écureuil avec des vermicelles de riz. Les babi n’en mangent pas hein. Sinon tu vois les énormes yeux injectés de sang comme dans les BD !

 

Laap

Originaire du Laos et du nord de la Thaïlande, le Laap est de la viande de porc émincée très finement, presque hachée, avec des épices et pas mal de piment. C’est servi avec du riz gluant.

Moi je suis comme MC Solaar, je ne mange pas de porc mais je reconnais que comme ça, avec toutes ces herbes et échalotes, citron et citronnelle, c’est une autre façon d’envisager le cochon !
Surtout avec le riz gluant qui est quand même un pur délice, c’est très très bon.
Le plat préféré de papa Écureuil. Qui me dit, devant Arnaud et Maud le jour où ils sont là et qu’il vient de leur conseiller le Laap : « Avec toi j’ai tellement pas de routine que je pourrais manger le même massaman curry tous les soirs et le même Laap tous les midis sans jamais me lasser… ».
Hum. Mais qu’est-ce que tu veux dire par là ??

 

Laap au bœuf (forcément aussi, on mange à la muslim kitchenette !) et riz gluant. Mickaël trouve que c’est beaucoup beaucoup moins bon que l’original, AU PORC.

 

Brochettes de boulettes et saucisses dégueu

Après le meilleur… voici le pire ! Dans la rue on voit toutes sortes de brochettes de boulettes et saucisses de toutes les couleurs. À Bangkok, on a pris un assortiment pour essayer. C’est un des trucs les plus infects que j’ai mangés de ma vie. De la bouillasse sans goût, puis, d’un coup, un morceau de gras mal compacté ou un relent d’huile qui te vient. C’est vraiment vraiment pas bon. Pour personne. Même pas pour des babi en quête de pas pimenté.

 

Assortiment de boulettes et saucisses de porc à la thaïlandaise.

 

Les insectes

On trouve des insectes sur la plupart des marchés, généralement frits. Les plus populaires sont les sauterelles frites (Takataen), mais j’ai vu aussi des petits vers, des vers dodus et des chenilles. Je suis toujours super curieuse de goûter des trucs que je ne connais pas, je veux dire, je suis la meuf qui a mangé de la mygale au Cambodge (février 2010), mais là… je sais pas… je le sentais pas… surtout les gros vers bien gras !  🙁

J’ai pensé à prendre une photo mais, comme je n’achetais rien, je n’ai pas osé demander l’autorisation. Je trouvais que ça faisait un peu l’Occidentale dégoûtée qui veut montrer à ses amis : « Beurk ! Nan mais regardez ce que ces gens-là mangent ! ». Et comme ce n’est pas du tout mon esprit de dire beurk sans avoir goûté, ben j’ai rangé mon appareil. Et non seulement vous ne savez pas quel goût ont les sauterelles grillées, mais en plus vous n’avez même pas de photo…

 
Si vous êtes (grave) en manque de sucre

Mango sticky rice

Comme son nom l’indique, le mango sticky rice est du riz gluant nappé de lait de coco et accompagné de fines lamelles de mangue. On n’en trouve pas dans les cantines de rues, uniquement sur les marchés, à emporter dans des petites barquettes en plastique. Enfin la taille des barquettes, c’est la même que celle pour les plats, donc ça cale bien…

Papa Écureuil : « C’est trop bon, j’adore ! En fait y’a que comme ça que je peux manger la mangue ! ».

 

Du riz gluant (là il y en avait aussi du coloré bleu et des petits grains de riz cru toastés jaunes), avec des tranches de mangue et un sachet généreux de lait de coco épais et sucré.

 

Roti

Comme au Sri Lanka, il y a le roti qui est une crêpe, pas une pièce de viande ! Le vendeur de rue cuit directement les petites crêpes sur les plaques de sa charrette ambulante, et ensuite il les garnit au choix avec œuf / banane, œuf / chocolat, ou lait concentré sucré.
J’ai choisi des rotis nature au pandan – c’est un truc que j’ai découvert à Bali et qui colore tout d’un joli vert pâle tout doux. Les rotis thaïlandais sont un peu élastiques (girl), je me demande s’ils ne sont pas faits avec de la farine de riz gluant. Moi j’aime bien.

 

Autres gourmandises à emporter

Il y a les beignets frits qu’on appelle Pa Thong Ko et qui ressemblent aux firi-firi de Polynésie. On les trempe dans une petite sauce sucrée puis dans du lait de soja et on croque.

 

Des Pa Thong Ko, offerts aux babi par la famille de notre première guesthouse à Bangkok. J’ai déjà dit comme les enfants sont choyés ici en Thaïlande ?

 

Et puis il y a tous ces petits trucs emballés dans des sachets transparents qu’on achète dans la rue sans savoir ce que c’est. Par exemple, des samossas tout dorés très appétissants. La vendeuse te dit « chicken, chicken », tu te dis ok je les prends, ce sera bien pour les babi ce midi dans le bus. En plus toi aussi tu as envie de mordre dans un samossa, quand tu as bien faim et bien envie de salé… Ouais bah en fait c’est une espèce de pâte d’amande ultra sucrée qu’il y a dedans. Avec du chicken peut-être, si la vendeuse le dit. Mais surtout du sucre, avec aussi du sucre.

 

À gauche, des bâtonnets que je prenais pour des biscuits apéritif salés, comme un bon début de pique-nique, en fait ce sont des bâtonnets de miel avec du sucre qui ont un goût de Corn Flakes pilés ultra sucrés. Les babi n’ont pas aimé, nous non plus. Au centre, un samossa au poulet. Mais en fait à la pâte d’amande au miel et au sucre. À droite, des galettes de riz gluant soufflé, toasté et sucré. C’était bon. Comme goûter (bien) sucré.

 

Et à boire…

Spécialité thaïlandaise, le Cha Nom Yen est du thé thaï glacé mixé avec du lait, de la glace pilée, du sucre (beaucoup), et encore du lait concentré sucré, au cas où. Si jamais ça manquait de sucre. La première gorgée c’est bon parce que c’est glacé et que tu crèves de chaud dans la rue. La deuxième un peu moins. À la troisième, papa Écureuil et moi on a cru qu’on allait faire une crise d’hyperglycémie…

 

À droite un Cha Nom Yen au café, et à gauche un Cha Nom Yen à l’Ovaltine. L’Ovaltine, qu’on trouve partout ici, c’est la même chose que l’Ovomaltine de chez nous. Je sais qu’il y a plusieurs écoles chez les quarantenaires, ceux qui ont été élevés au Nesquik, au Poulain, au Benco… moi je suis de l’école Ovomaltine (c’est d’la dynamite) !

 

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Et vous ?
Avez-vous déjà goûté l’une de ces spécialités de la rue ?
Une petite gourmandise type larve de chenille ou sauterelle grillée ?…