I am NOT non-violent (Nina Simone)

 

[Conjointement à la publication de cet article, je viens de créer une nouvelle rubrique dans la catégorie VIVRE qui s’appelle : Culture de-ci de-là.
Vous la retrouverez facilement en passant votre souris (ou votre doigt ?) sur la catégorie VIVRE dans le menu du blog.
Sur mon ordi et la tablette des babi, c’est facile : le menu s’affiche tout en haut sous la bannière du blog. Mais sur les portables, je crois qu’il faut cliquer sur une icône avec trois traits horizontaux parallèles pour faire apparaître le menu…]

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Ça y est, vous êtes avec moi ?

Écoutez What happened, Miss Simone ?, le documentaire Netflix sur Nina Simone, réalisé par Liz Garbus. Il manque plein de trucs, il laisse sur sa faim, mais si vous êtes bloqué(e) chez vous, en quarantaine à cause de la psychose sur le coronavirus qui s’est emparée de votre ville et a annulé toutes les fêtes, tous les concerts, voyez-le.

Nina Simone fait partie des voix qui me transportent le plus.

Pourtant j’ai mis du temps à arriver jusqu’à elle. Je dirais que ça remonte à dix ans seulement ; parce que d’abord je n’ai pas la culture du jazz, et ensuite je n’ai jamais aimé les deux tubes planétaires qui l’ont rendue célèbre : I love you Porgy et My baby just cares for me.
Je ne sais pas dire pourquoi je ne les aime pas, même encore aujourd’hui.
Mais toutes les autres, oui. Oui oui oui.

 

Nina Simone, Sinnerman, album « Pastel Blues », 1965.

 

Sinnerman est une de mes chansons préférées de Nina Simone. Avec Ain’t got no, I got life. Don’t let me be misunderstood. And I’m feelin’ good.

Le documentaire What happened, Miss Simone ? donne à voir et à entendre des extraits de concert, notamment celui de Montreux en 1976 qui marque le retour sur scène de Nina Simone après des années d’absence et de dépression, et dans lequel elle évoque Janis Joplin.

C’est toujours une grande joie pour moi quand je m’aperçois que deux artistes que j’aime très fort s’aiment aussi entre eux (elles) et se portent en grande estime l’un(e) et l’autre.

Nina Simone et Janis Joplin ont plusieurs chansons en commun, des chansons qu’elles ont reprises parmi des vieux standards du répertoire (jazz, souvent). La chanson la plus connue reprise à la fois par l’une et par l’autre est bien sûr Summertime, mais elles ont aussi chacune leur interprétation de To love somebody, et de Little girl blue que j’ai choisi de vous mettre ici parce que : I know how you feel…

 

Nina Simone, Little girl blue, album « Little Girl Blue », 1959.

 

Janis Joplin, Little girl blue, album « I Got Dem Ol’ Kozmic Blues Again Mama ! », 1969.

 

Dans les extraits du concert au Festival de Montreux en 1976, on sent à quel point Nina Simone est abîmée. J’ai été bouleversée par ce moment où elle commence à parler de Janis Joplin, de sa fêlure, puis finalement, devant l’impossibilité de dire, elle renonce. Et je trouve que là, il y a du Mabel de Gena Rowlands dans ses gestes, dans ses yeux.

Si vous n’avez pas vu A woman under the influence, je ne vous en parle pas. Je ne sais pas en parler, je perds mes mots. Mais c’est le film de ma vie. Si je devais n’en garder qu’un.

Et donc je suis bouleversée. Ça touche des cordes si profondes en moi, ça ne passe pas par mon cerveau, je ne saurais même pas expliquer ce que ça me fait. Mais ça me fait fort.
(Demande à Mickaël la première fois qu’il vient avec moi voir A woman under the influence au cinéma dans une petite salle alors qu’on se connaît à peine…)

 

Nina Simone parle de Janis Joplin et chante Be my husband (extrait du concert au Festival de Montreux, 1976).

 

If you promise me you’ll be my man
If you promise me you’ll be my man
I’m gonna love you the best I can
Stick to the promise that you made me
Stick to the promise man that you made me

 

Nina Simone est magnifique. Grande, puissante. Puis, à un autre moment de ce même concert de 1976, elle reprend une chanson de Janis Ian, Stars, et moi ça me fait pleurer direct, à peine elle commence. Parce que soudain elle est vraiment toute petite, toute reine qu’elle est.

Is my necklace beautiful ?

Je vous mets la vidéo ci-dessous. Vous me direz.
Si ça vous fait aussi ou si c’est moi qui ai un problème.

 

Nina Simone parle de David Bowie et chante Stars (extrait du concert au Festival de Montreux, 1976).

 

* And Nina happened to La Poudre ! *

Dans ce documentaire, What happened, Miss Simone ?, j’ai aussi découvert que c’est Nina Simone (bien vénère) qui dit crache :

I am sorry that I didn’t become the world’s first black classical pianist !

C’est vrai que j’aurais pu le deviner. Ce cri de colère qui m’est si familier parce qu’il figure dans l’indicatif musical de chaque épisode du podcast de La Poudre.
En compagnie de Christiane Taubira – « Je vous obsède avec une constance qui appelle quand même l’admiration » – Juliette Gréco – « Je crois qu’une femme qui existe dans son temps, à l’intérieur de son temps, elle n’a pas d’époque, elle marque son époque » – et quelques autres femmes inspirantes.

Écoutez le jingle de « La Poudre », il est génial !

Et vous savez QUI est l’invitée du dernier épisode de « La Poudre » ?
Jeanne Cherhal ! Absolument ! Depuis le temps que je l’attendais…
Vous ne pouvez pas rater ça ; si vous n’avez encore jamais pris une heure pour écouter un podcast, c’est ICI : https://www.nouvellesecoutes.fr/la-poudre/

… et MAINTENANT !
Allez en place, c’est La Poudre !

Tiens, on a découpé une femme en morceaux
Rue de la Bienséance, à deux pas du château…

 

Clip vidéo de Jeanne Cherhal pour son dernier album, « L’An 40 ». La blonde qu’on voit dans le clip, c’est Lauren Bastide, la créatrice-réalisatrice-productrice du podcast de « La Poudre » (et comme elle et Jeanne Cherhal c’est des cops, voilà quoi, c’est pour ça que j’attendais l’épisode un jour prochain…).

 

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Et vous, plutôt Nina Simone ou Billie Holiday ?…
Quelle version de Strange Fruit vous touche le plus ?