Les fruits à Bali

Photo : Le tout premier jus de noix de coco des babi, en sortant du temple d’Uluwatu : une révélation ! (Bali, octobre 2018).

 
Les fruits qu’on connaît déjà un peu… mais pas comme ici !

La noix de coco

Des kelapa, on en voit partout : par terre, dans les arbres, sur la plage, au bord des routes…

La noix de coco jeune et fraîche est un gros fruit, vert, lourd, avec toute son écorce, pas juste la noix marron poilue comme chez nous. Et le goût non plus n’est pas du tout comme chez nous, où je n’aime pas ça parce que la chair est sèche et dure, fibreuse, et s’émiette entre les dents.
Ici, la kelapa est servie avec le haut coupé à la machette, une paille plantée directement dans la noix pour en boire le jus si rafraîchissant. Ensuite on l’ouvre et on peut racler facilement à la cuillère la chair blanche, translucide et un peu gluante, qui est fine et tendre.

 

C’est bon, ça n’a vraiment rien à voir avec la noix de coco séchée que l’on trouve en France.

 

La banane

Il existe de nombreuses variétés de bananes en Indonésie : des toutes petites comme au Sri Lanka mais aussi des grandes (jusqu’à 30 cm !), des jaunes, des vertes, des roses…
J’ai appris que les bananiers sont faciles à planter et poussent rapidement.

Moi je voulais encore la lemon mais les gens ne semblent pas comprendre ce que je veux. C’est très frustrant.

À Bali, la banane se mange souvent en pisang goreng : des beignets de banane hyper gras saupoudrés de sucre de palme. Tu te rappelles ma sœur, le dîner de beignets ??

 

Ces bananes-là sont plutôt grandes quand même. Avec la fleur de banane qui pend et qui se cuisine en légume.

 

La mangue

À Bali, et encore plus à Lombok, il existe cinq ou six variétés de mangues différentes ! Leur chair va du blanc cassé à l’orange vif, en passant par toutes les nuances de jaune, mais la peau des mangga d’ici est presque toujours verte. Ça ne veut pas dire qu’elles ne sont pas mûres : du moment que la peau est à peu près souple sous la pression du pouce, et surtout, si elles se couvrent d’une espèce de jus noir collant et sucré bien crado sur la main, il y a des chances qu’elles soient très savoureuses.

 

Des mangues mûres, délicieuses, même si elles restent vertes et dures dans la main.

 

Même si.
Même si aucune mangue n’égalera jamais pour moi le goût incroyable de la toute première mangue que j’ai cueillie au Mali, ouverte avec mes ongles parce que j’avais rien d’autre, et mangé à pleines mains adossée contre le manguier. Jamais.
Mais bon. Il faut bien continuer à manger (il paraît).
Et les babi et moi on est quatre mango lovers. Y’a que papa Écureuil qui, non. Genre l’hiver il préfère manger une pomme. Le régime quoi.

 

En balade sur l’île de Gili Air, où on a vu vraiment beaucoup beaucoup de manguiers. Les arbres croulent sous le poids des fruits, les mangues tombent par terre et personne ne se donne la peine de les ramasser, comme si c’étaient les pommes pourries et âcres de notre jardin…

 

La papaye

J’ai déjà dit ce truc spécial de la papaye qui a toujours un petit goût de vomi quand on en regoûte pour la première fois après longtemps… mais il faut persévérer, et c’est bon ! Plus fade qu’une mangue, mais colorée et donc pleine de vitamine A.

 

C’est quand même un fruit à l’intérieur suggestif, non ? Ou c’est juste moi qui…?

 

Le fruit de la passion

Le Grand Lièvre et son papa ADORENT les fruits de la passion. Ici, contrairement à ceux qu’on trouve en France (et qu’on paye une blinde), la peau du marquisa est orange, les graines sont vertes, et le goût bien meilleur. Je trouve. Le Marcass’ trouve aussi. Plus doux, moins acide.

 

Derniers fruits de la passion avant de quitter Bali, à l’aéroport de Denpasar.

 

La petite orange-clémentine

Le jeruk est un agrume de la taille d’une grosse clémentine de chez nous mais au goût d’orange. La peau est verte et l’intérieur orange, ça crée un joli contraste (voir la photo sous le paragraphe consacré au fruit du dragon).
Le Marcass’ a beaucoup aimé parce qu’il avait chaud tout le temps et que c’était rafraîchissant. Moi j’ai trouvé que la peau était trop épaisse à mâchouiller, vraiment pas terrible.

 

L’avocat

À Bali, l’apokat est toujours servi en sucré. La préparation la plus fréquente consiste en un jus additionné de chocolat liquide. Je suis une grande gourmande mais là il s’agit de chocolat industriel ultra sucré, dégueu, genre le topping en flacon souple qui est vendu en tête de gondole des grandes surfaces au moment de la Chandeleur en France, voyez ?
Mais j’ai beaucoup aimé le jus d’avocat nature que j’ai acheté dans la rue. Enfin, je crois qu’ils ajoutent quand même du sirop de sucre de palme dedans, sinon c’est vrai que c’est un peu fade…

 

La gousse de cacao

On trouve des cacaotiers dans la rue, les gousses tombent par terre, et les garçons les ramassent. Le Grand Lièvre a ouvert les gousses au couteau à beurre, et à l’intérieur on a découvert une espèce de cotonnade blanche et vaporeuse, mouillée, dans laquelle flottaient des petites fèves.

Apparemment on peut les sucer et les cracher ensuite mais personne n’a pu nous le confirmer.

Par précaution papa Écureuil n’a pas voulu qu’on essaye…

 

Le cacaotier.
La gousse ouverte.
 
Et les fruits qu’on découvre…

Le ramboutan

Le ramboutan est un fruit blanc protégé par une peau rouge hérissée de poils, d’où son nom : « ramboutan » signifie poils ou cheveux en bahasa indonesia.
Il pousse en grappe sur un arbre, et on l’achète sur le marché en bouquet avec les fines branches (et les fourmis qui en sont très friandes et se cachent dans les poils !).

Pour le manger, on ouvre la peau avec l’ongle, on sort le fruit très facilement et on croque (mais pas trop vivement parce qu’il y a un noyau plus ou moins gros dedans).

Les garçons adorent les ramboutans. Personnellement je trouve que c’est comme le litchi auquel le goût est d’ailleurs tout à fait semblable : sans grand intérêt. Le seul truc que j’aime bien avec le ramboutan, c’est sa peau poilue et un peu hérissée qui fait comme une surprise à l’intérieur…

 

Assiette de gauche : deux mangues (vertes donc), et devant c’est un mangoustan. Assiette de droite : ramboutans accrochés à la branche, et devant c’est le fruit du serpent (oui il y en a un derrière aussi, et deux autres mangoustans).

 

Le mangoustan

Le mangoustan, qu’on appelle également « fruit des dieux », est le fruit du mangoustanier, un arbre qui pousse en Asie du Sud-Est, uniquement dans les zones tropicales aux pluies abondantes.
Le manggis a une peau dure et très épaisse, violet foncé, presque brune, qu’on s’acharnait à ouvrir au couteau – ce qui n’est pas très pratique quand on est sur la route – jusqu’à ce que je découvre une astuce géniale (parfois Internet, c’est vraiment chouette !).

Pour ouvrir un mangoustan à la main, il suffit de placer les paumes au-dessus et en dessous du fruit (c’est plus facile si on le prend sur ses côtés lisses, pas là où il y a la tige), et d’appuyer légèrement : la grosse écorce s’ouvre alors très facilement sur la chair.
La Petite Souris adore ouvrir les mangoustans à la main…

 

Mangoustan parfait, un délice quand le fruit est bien blanc. Moins quand il est tout jauni…

Un autre truc que les babi adorent, c’est compter le nombre de pétales autour de la tige (là il faut regarder la photo sinon vous ne comprenez rien…), et ça correspond exactement au nombre de quartiers blancs que contient le fruit.
En effet, à l’intérieur de la gangue, le mangoustan est séparé en plusieurs quartiers qui contiennent chacun un gros noyau. Évidemment il n’y a pas grand-chose à manger mais c’est beau et c’est bon : tendre, sucré et légèrement acidulé. En plus c’est censé être plein de qualités nutritionnelles. Et pas que : d’après ce que j’ai compris, ici, en Indonésie, les dentistes utilisent le manggis pour anesthésier la douleur. Quand je vous disais qu’ils ont un truc spécial avec les dents ici…

J’aime beaucoup les mangoustans, c’est pour ça que je vous raconte plein de choses sur ce fruit.

Le seul truc, c’est que la peau est amère, en plus d’être épaisse et dure. Il faut pas se lécher les doigts après l’avoir touchée– mais c’est difficile parce que les quartiers de mangoustan sont « mouillés », un peu gluants, donc forcément on a envie de se lécher les doigts…

 

Le fruit du dragon

Le pitaya est un fruit ovale assez gros (10 cm environ) dont la peau est rose et la chair soit blanche, soit violet foncé, avec toujours des petits grains noirs qui ressemblent à ceux du kiwi. 
C’est très beau. C’est plus beau que bon. Ça arrive parfois dans la vie. Après t’es déçu(e)…

 

Au fond : Le fruit du dragon coupé, on voit l’extérieur et l’intérieur. À gauche : Une mangue (jaune, exceptionnellement !) et, de part et d’autre, des mangoustans. Le premier fermé, on voit bien la tige et les pétales, le deuxième derrière ouvert, on voit bien l’écorce épaisse et les quartiers de fruit blancs. À droite : Un jeruk (ce que j’ai appelé « orange-clémentine ») coupé en deux, et une mini-banane. Devant : Les trois quartiers jaunes sont des alvéoles de fruit du jacquier. À côté, ce sont deux ramboutans, un ouvert et un enfermé dans sa peau hérissée.

 

Le fruit du jacquier

Surnommé le « fruit du pauvre », le fruit du jacquier est un gros fruit qui pèse en moyenne 4 à 8 kg. Mais il y en a des encore plus gros et j’ai lu qu’il peut peser jusqu’à 20 kg !!! Sa peau est verte et rugueuse, avec des sortes de petites épines – qui ne piquent pas vraiment, juste c’est rugueux. Attention, ne pas confondre avec le durian !

Pour ouvrir un fruit du jacquier, il faut tout couper de haut en bas, écarter les côtés, et ne manger que la pulpe jaune qui est sucrée et bien parfumée, et qui contient un noyau à l’intérieur de chaque alvéole (voir les trois morceaux de pulpe jaune sur la photo sous le paragraphe consacré au fruit du dragon).
Le goût est doux, comme un mélange improbable d’ananas et de mangue, mais c’est un fruit qui peut vite devenir écœurant. Faut pas chercher à le manger entier quoi…

 

Le fruit du jacquier tel qu’il pousse dans les arbres au bord de la route.

 

À Bali, ils cuisinent beaucoup le fruit du jacquier en salé, dans une sauce plus ou moins relevée selon l’endroit où on l’achète (et surtout le goût de la personne qui le prépare).
Quand la sauce est brune, on croirait à s’y méprendre du bœuf bourguignon. La Petite Souris m’a montré du doigt une roulotte depuis le trottoir d’en face : « Regarde maman, je veux ça ! ». (Je cuisine peu la viande, mais elle aime mes plats mijotés d’hiver.)
Et quand la sauce est plus claire, on dirait du poulet : la première fois qu’on en a acheté dans la rue en pensant que c’était du poulet, le Grand Lièvre était fou de joie ! Après forcément quand tu goûtes, ça n’a rien à voir ni avec le bœuf bourguignon ni avec le poulet parce que ben, c’est un fruit quoi…

Ce qui est étonnant, c’est que la saveur sucrée du fruit disparaisse totalement à la cuisson. Papa Écureuil et moi on a aimé l’originalité de la texture mais les babi étaient trop déçus que ce ne soit pas de la viande je crois…

 

Le fruit du jacquier cuisiné en plat salé. À côté, ce qui ressemble à un tas de nouilles figées, c’est une krupuk : une espèce de chips de poisson craquante. Ici ils en vendent partout, de toutes les tailles et de toutes les formes. Moi j’aime pas. Ni ça, ni les beignets de crevettes tout pourris du resto chinois.

 

Le durian

Comme le fruit du jacquier, le durian est AUSSI un gros fruit avec des épines, qui peut peser jusqu’à 10 kg. Pour l’ouvrir, il faut AUSSI couper son épaisse écorce vert-jaune de haut en bas, écarter les côtés et ne manger que la pulpe jaune pâle. Et il y a AUSSI un noyau à l’intérieur de chaque pulpe.

Mais, vraiment, il ne faut jamais confondre le durian avec le fruit du jacquier parce que le goût n’a rien à voir – et c’est une erreur qui pourrait vous être fatale !

D’abord le durian pue la mort. Tu le sens quand tu marches dans la rue, tu sais qu’il va y avoir un marchand de durians à des kilomètres avant d’arriver. Il pue il pue il pue, au point qu’il est interdit par la loi dans les transports en commun, les aéroports et même certains hôtels.
Mais, partout en Asie, les gens le kiffent. Il est même appelé « roi des fruits » !
Les touristes chinois le kiffent. Les Indonésiens aussi, et c’était pareil au Cambodge. On t’en propose comme une gourmandise, une offrande…

Moi évidemment, avec une légende pareille, ma curiosité est émoustillée, et j’ai envie de goûter tout de suite. « Sauf que : t’as déjà goûté », me rappelle papa Écureuil. Au Cambodge, février 2010, une grande expérience.
« Promets-moi qu’on n’en achètera pas ! ». Mais il me connaît trop bien… Je ne suis pas du genre à me boucher le nez, je réessaye. Seule, sans soutien.
Mais non. Pas là non. Toujours pas. En fait je pense que si t’es pas né(e) ici, t’as aucune chance de pouvoir aimer le durian. Ni frais, ni séché, ni confit, merci.

Les gens d’ici sont très friands aussi de jus de durian, glace au durian, gâteau au durian, bonbon au durian. Nan mais nan.

Je voudrais pouvoir vous décrire l’expérience gustative que c’est, mais c’est pas possible. Il faut que vous essayiez à votre tour. L’odeur, puis le goût de la mort. Tu mets un morceau dans ta bouche, c’est tiède, mou, crémeux, tu suces le noyau, tu avales la chair glissante, et t’as juste envie de vomir…

 

À gauche : Les morceaux d’une belle couleur jaune orangé, c’est le fruit du jacquier. À droite : Dans la barquette, qui pue sa mère même pas ouverte, ce sont des morceaux de durian…

 

Le jambu air (ou jamalac)

Le jambu air est un petit fruit en forme de poire, dont la peau varie du rose au violet et dont la chair, blanche ou parfois rose pâle, est très croquante. Le goût se rapproche de celui d’une pomme sans saveur. C’est un fruit que je ne connaissais pas du tout avant d’arriver ici mais je pense que je vais l’oublier très vite. Mangez plutôt des pommes chez vous, c’est la pleine saison, elles sont bonnes !  🙂

 

L’arbre du jambu air est magnifique. Les fleurs ressemblent à des oursins d’un rose pétillant, c’est charmant (même pour moi qui ne suis pas sensible à la vie florale).

 

Le salak

Le salak pousse en grappes, comme le ramboutan, et sa peau est recouverte d’écailles comme des écailles de serpent, d’où son nom : « salak » veut dire serpent en javanais. D’ailleurs, on me l’a vendu sous le nom snake fruit, et c’est ce qui m’a attirée car je ne connaissais pas du tout ce fruit avant de l’acheter.

Lorsqu’il est bien mûr, l’écorce s’enlève assez facilement à la main. À l’intérieur, le fruit ressemble à des gousses d’ail plus ou moins grosses. La chair est blanche ou jaune pâle, dure et croquante, et faut pas y aller trop franco parce qu’il y a un noyau dans chaque gousse.

Le salak est LE fruit anti-gastro. Comme le coca, le sucre en moins…

Papa Écureuil a bien aimé. Le goût est assez étrange : on dirait de la fraise très dure et pas mûre…

 

À gauche les jambu air, à droite le salak.

 

Le buah wani

Alors à la base, j’étais à la recherche de goyave* car le goût m’échappait et je trouvais ça terrible. Mais je ne savais plus le dire en anglais et je n’arrivais pas à me faire comprendre.
C’est donc en essayant d’expliquer comme je le pouvais à une dame, avec des gestes et des souvenirs flous (un fruit ovale, à l’extérieur on dirait un avocat, mais à l’intérieur c’est granuleux, on le boit plutôt en jus…), que j’ai découvert le buah wani. Rien à voir avec la goyave !

J’ai beaucoup aimé le wani. En jus et à la croque, c’est super bon. Mais on en a très peu vu : c’est un fruit rare dont la saison est courte (genre la mirabelle chez nous), uniquement pendant la saison des pluies.

Le buah (fruit) wani est aussi appelé mangue blanche (mangga putih) parce qu’il est en effet de la taille d’une mangue, également revêtu d’une peau verte, et que le fruit contient aussi un gros noyau plat et ovale qui ne se mange pas. Mais la couleur de la chair est tout à fait blanche, et le goût rappelle plutôt celui du kiwi, pas du tout de la mangue, c’est surprenant !

 

Le buah wani épluché. C’est plus gros qu’un avocat, vraiment comme une mangue moyenne.

 

 

* Qui pense que j’ai lâché l’affaire avec la goyave me connaît mal ! Après que j’ai découvert le buah wani dans la rue par hasard, j’ai fait des recherches et appris que goyave se dit jambu biji en bahasa indonesia. Malheureusement je n’en ai pas trouvé et les gens semblaient même dubitatifs quand je demandais. J’en ai déduit que la goyave n’est pas un fruit fréquent à Bali.
Mais du coup j’ai retenu guava en anglais : ça peut me servir dans les autres pays parce que je ne vais pas abandonner là ma quête de quelque chose qui me trotte dans la tête !  😉 ).

 

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Et vous, vous aimez les fruits ?

Quand vous voyagez, êtes-vous curieux(se) d’acheter dans la rue ou sur le marché des fruits que vous ne connaissez pas ?