Datang di Bali !

Photo : Ce qui te frappe tout de suite à Bali, ce sont les offrandes partout dans la rue, on doit faire super attention de ne pas marcher dessus. C’est chaud parce qu’il faut toujours regarder par terre, surtout que tu sais que ton Lulu va marcher dessus. Forcément.

 

Nous sommes arrivés à Bali épuisés par le rythme soutenu de notre voyage au Sri Lanka.
Papa Écureuil a trouvé une petite maison à louer à Jimbaran, au sud de Denpasar (tout au sud de l’île), et notre priorité est de nous reposer.

Retrouver quelques repères familiers : ne plus petit-déjeuner (pour un papa et une maman), AVOIR UNE CHAMBRE POUR NOUS QUI FERME (idem), une chambre séparée pour les babi, se lever à 9h, mener chacun sa vie jusqu’à 11h, acheter des fruits dans la rue…

Et puis refaire des économies aussi (nan parce que bon, les safaris au Sri Lanka c’est sympa, c’est même ce que les babi ont préféré mais voilà le budget quoi…).
Ici on mange à cinq pour 85 000 Rps. 5 €. Parfois 72 000 Rps. C’est moins cher que quand je cuisine à la maison ! Mais apparemment ça ne convient pas à tout le monde.

 
Les trottoirs de Jimbaran

Souvent, quand tu trouves que c’est pas cher, c’est que t’es pas dans un pays riche.

Ma première impression ici, c’est la pauvreté. À laquelle je ne m’attendais pas. Parce que Bali est une destination hyper touristique, je ne sais pas, j’ai dû en faire une sorte de Bora-Bora dans ma tête. En quatre lettres, ça commence par un B. Vas-y.

Eh ben pas du tout. Bali, c’est pauvre. Enfin le Bali qu’on traverse nous.

Y’a des décharges partout, les trottoirs – quand encore il y a des trottoirs –  sont défoncés par d’énormes trous, au point que tu sens ton cœur de maman qui fait des bonds quand tes enfants courent loin devant. En tongs.
J’ai pas vu l’hôpital public, juste écouté ce qu’on m’en a dit, mais sûrement ça aurait été parlant. Sur le niveau de vie du pays, la qualité (ou pas) des soins.

 

Juste à côté d’un petit hôtel à Jimbaran où on a dormi deux nuits, il y a d’autres hôtels en construction, et cette décharge devant, à cinq minutes de la plage.

 

Il y a les petites échoppes au bord de la route qui vendent tout à l’unité, même un sachet individuel de café lyophilisé. Une dose unique de shampooing. Devant on voit des chats écorchés, cachexiques, et des chiens errants étranges, flippants. C’est vrai que maintenant on est assez tendus de passer à côté des chiens qui traînent. En plus ils hurlent pendant des heures la nuit, et très tôt le matin aussi, comme s’ils se battaient. D’ailleurs c’est probablement ce qu’ils font, ça expliquerait dans quel état ils sont.

Le boutoir du Marcass’
Le chat dans le restaurant là, et l’autre devant l’hôtel, on dirait leurs oreilles elles ont été grillées à la poêle ! Et le chien dans la rue, tu te rappelles ? Celui avec une tête comme un renard, il avait du sang sur son dos et des morceaux de peau arrachés…

Et puis des enfants de l’âge du Marcass’ qui vendent des bracelets sur la plage. Tu dis non gentiment, mais ils restent à côté de toi à te regarder, longtemps.

Le Grand Lièvre en est malade. Il veut leur donner les pièces de 200 Rps et de 1 000 Rps qu’il a trouvées par terre dans la rue et qui ne valent rien du tout.

 

Après, et c’est ce qui me choque en vérité, il y a aussi les immenses resorts pour lunes de miel et consorts.

Le premier soir en rentrant de la plage, complètement éclatés après une journée + une nuit (blanche) de voyage + une nouvelle journée en terre inconnue, on s’est perdus dans les dédales d’un hôtel de luxe comme jamais j’avais vu de ma vie.

C’était tellement grand qu’on ne retrouvait plus notre chemin pour retourner sur le pavé après la plage. Des lustres et des piliers fastueux, des piscines illuminées, des jardins avec des bassins. Tellement luxe, tellement calme, tellement volupté… C’était beau sur le moment. Ça faisait envie.

On a tourné et retourné, on a fini par demander de l’aide à un maître d’hôtel qui a d’abord fait semblant de croire qu’on était des clients du resort. Nan mais nous cinq. Transpirants et bien crado, en tongs et paréos !

Avec déférence, il nous a guidés vers la sortie, et j’ai noté le nom de l’hôtel pour vous le faire partager : c’était l’Intercontinental Bali Resort.
Si vous cliquez sur le lien et la vidéo (garantie sans enfants et sans tongs, sans taches, sans transpiration non plus), vous verrez… tout le voyage qu’on ne fait pas nous !

 
Il fait chaud, il fait chaud…

Ma deuxième impression, c’est la chaleur qui t’abat. Qui fond sur toi, plus foudroyante qu’au Sri Lanka. Surprise là encore. Parce que j’avais lu que le climat à Gisors, c’est d’la bombe bébé, pardon*, le climat à Bali est censé être tropical mais en fait idéal car 26-27° toute l’année.

Mytho. Le climat est tropical, point. Il fait 35°. Dans ta face.

Mais la température de l’océan Indien est juste bien. Je vous avais dit que je vous préviendrais si je trouvais enfin. Le bon thermomètre. Plus fraîche qu’au Sri Lanka, mais pas le froid breton qui te saisit les tétons.

D’ailleurs j’ai eu une embrouille avec papa Écureuil à ce propos. Une histoire de respect, de nudité et de où on place le curseur. Tout ça parce que j’ai enlevé mon tee-shirt sur la plage le temps d’enfiler le haut de mon maillot de bain. En me tournant. Ça a duré dix secondes. Même pas, cinq secondes, parce que je suis rapide. Et personne n’a rien vu. Mais papa Écureuil si, et il m’a laminée : t’es folle ! ça se fait pas ici, c’est une question de respect, et je sais plus quoi d’autre.

Cinq secondes, ça va. J’allais pas bronzer topless, je mettais juste mon maillot pour aller dans l’eau.

 

Là peut-être on pourrait parler d’indécence ! Le maillot du Marcass’ l’a abandonné, après trois étés d’affilée de bons et loyaux services…

 

Le temps que j’argumente, je vois une fille, une touriste, allongée sur un truc de plage là, un sunbed, et le haut de son maillot de bain, c’est même pas un triangle, c’est un mini-rectangle vertical entre deux fils qui cache juste le téton. Le string de mounou, j’ai appelé ça. (Mounou, c’est mon vocabulaire inventé à moi, on doit bien le retrouver quelque part sur des pages de ce blog.) Et sa copine à côté, le string tout court. Allongée sur le ventre. Ça peut être beau, hein, ça dépend des fesses, mais là c’était pas la question. Je cherchais des arguments pour me défendre contre l’accusation d’indécence pour avoir juste, moi, enfilé mon maillot.

Mais papa Écureuil n’en a pas démordu. Il a répété : « Même, ici, ça se fait pas. Je l’ai lu dans le Lonely. ».

Le lendemain, une autre fille sur la plage. Topless.
Papa Écureuil : ouais bah c’est bon. Allez salut.

WTF ?!!

 

* En cadeau, une petite chanson que j’aime de Mahzet’ (sans rapport avec le topless), tout ça parce que les hommes n’ont pas su se parler, parce que ça me fait plaisir, et qu’en plus c’est l’automne chez vous !  😉

Mahzet’, Automne, album « Celles qui nous restent… », 1995.

 

*****

 

Et vous, comment aimez-vous voyager ? Backpacker roots on the road ou resort de luxe all inclusive ?

Et mettre votre maillot de bain au dernier moment sur la plage plutôt que de suer dedans des heures avant, ça vous choque ??