Tsunami (c’est pas mon nouveau prénom balinais !)

Photo : Sur la plage de Jimbaran (Bali, novembre 2018).

 Par la Petite Souris.

 

Quand on est arrivés à Bali, j’avais super peur des tremblements de terre parce qu’il y en a eu un il y a deux mois à Lombok : il y a eu plein de morts, et c’est l’île juste à côté de Bali. On ne va pas aller à Lombok mais dans quelques jours on va prendre le bateau pour aller sur une toute petite île vraiment tout près de Lombok : c’est l’île de Gili Air. Vous pouvez la chercher sur une carte. Là-bas aussi il y a eu des morts à cause du séisme (séisme, c’est le vrai mot pour dire tremblement de terre).

En Indonésie, il y a aussi des tsunami : ce sont des vagues énormes qui détruisent tout sur leur passage.

Papa a dit que c’est un mot japonais, parce qu’au Japon aussi il y a souvent des tsunami.

Ça vient de tsu, qui veut dire port, et de nami, qui veut dire vague.
(Nami c’est aussi le prénom d’une navigatrice de l’équipage de Luffy dans One Piece  🙂 )
Donc un tsunami, c’est une vague qui passe par-dessus le port !

Le 26 décembre 2004, c’est-à-dire juste après Noël, il y a eu un énorme tsunami qui est parti de Sumatra (c’est une autre île d’Indonésie) et qui est arrivé jusqu’au Sri Lanka. On a vu un mémorial quand on était à Mirissa, et Rohitha, c’était notre guide au Sri Lanka, a dit qu’il y avait eu des milliers de morts à cause de ça. Le tsunami a emporté les gens, les voitures, les maisons, et même les wagons d’un train dans lequel il y avait des familles avec des enfants.

Moi je comprends pas pourquoi les gens continuent à vivre au bord de la mer alors que ça peut arriver encore, n’importe quand, et que toute leur famille meurt, et qu’ils n’ont plus rien.  🙁  🙁  🙁

 

Enfin maintenant je me sens mieux avec ça parce que j’ai décidé de ne plus y penser. Je m’amuse dans les vagues, et ici elles sont vraiment très grosses ! Avant-hier on était sur une plage, et les vagues étaient tellement énormes qu’on n’a même pas pu aller dans l’eau. Il n’y a que maman qui est allée toute seule et elle a dit que c’était trop dangereux, qu’on pouvait même pas nager avec le courant, alors on a cherché un autre endroit où les vagues étaient toujours grosses mais où on n’allait pas se noyer.

J’ai pas peur de mourir moi, mais j’ai peur pour les autres en fait.

À la fin, papa est allé chercher maman dans l’eau, et moi j’ai pensé que s’ils mouraient tous les deux à cause du courant et des vagues, ma vie serait finie. En plus j’étais stressée de rester toute seule avec les garçons sur la plage parce que Lulu veut tout le temps s’approcher de l’eau. Il le fait exprès pour me faire peur parce qu’il sait que je m’inquiète pour lui, comme sur la route pour traverser, et ça me stresse encore plus !  🙁
Surtout ici, y’a plein de motos partout et souvent y’a pas vraiment de trottoirs.

 

Ah mais ce chien il était horrible ! J’ai tiré Lulu pour qu’il passe à côté sinon il allait lui rentrer dedans et je ne sais pas ce qu’il serait arrivé…

 

J’ai aussi peur des chiens dans la rue : on dirait qu’ils veulent toujours nous suivre et si vous voyiez leur tête, ils sont pas du tout comme chez nous, ils font trop peur ! Mais au moins ici il n’y a pas la rage*, pas comme au Sri Lanka, donc on s’inquiète moins pour Lulu.
Et aussi y’a pas de palu et y’a pas la dengue, donc c’est moins grave si on se fait piquer par les moustiques. D’ailleurs, y’a quasiment pas de moustiques ici, et ça c’est cooool parce qu’on n’a presque plus de produit anti-moustiques !

 

Garance

 

 

* Note de maman Ourse
Euh si en fait… il y a la rage à Bali depuis 2008. C’est une docteure avec qui j’ai longuement discuté à l’hôpital qui me l’a dit. La maladie est arrivée sur l’île il y a dix ans par le biais d’un très jeune chiot, trop jeune pour être vacciné. Il a mordu son propriétaire, qui est mort de la rage, et ensuite la maladie s’est propagée sans que le gouvernement ne l’ébruite afin de ne pas faire fuir les touristes. C’est la raison pour laquelle tant d’hôpitaux balinais (ou on va dire plutôt centres médicaux) sont en rupture de stock du vaccin à l’heure actuelle. La docteure, qui parlait un très bon anglais – et c’est pas fréquent, ici comme en France – nous a mis en garde contre les chiens et les chats en premier lieu, mais aussi contre les singes, surtout les singes, les écureuils, et même les chauve-souris !