My beloved monster and me

J’ai demandé à Mickaël s’il voulait écrire un article sur Eels pour le blog.
Il a hésité : « Je sais pas… Non, c’est trop intime je crois ».
Ah ouais. Papa Écureuil est un homme pudique.
Le max qu’il peut livrer de notre intimité, c’est une piste audio (mais pour lui, ça veut dire beaucoup).

 

Piste audio : Eels, My beloved monster, album « Live at Town Hall », 2006.

 

Du coup c’est encore moi qui écris, alors que c’est même pas ma rubrique. Qu’on ne s’étonne pas, après, si on passe de Eels à Anne Sylvestre ! J’dis ça j’dis rien…

 
Par Maman Ourse

Vous qui sortez souvent, vous savez sûrement qu’à l’entrée des concerts parisiens, maintenant, on sépare les hommes et les femmes. Chaque sexe une file. Pour la fouille. Je dis rien, mais personnellement je trouve ça toujours un peu flippant ce côté bienvenue à Téhéran.
Enfin.

Privée de partenaire pour discuter, j’observe les affiches alentour en attendant mon tour.
Daniel Guichard à l’Olympia en novembre 2018 ! Qu’est-ce que tu dis de ça, mon vieux Monsieur Tro ?
Moi aussi direct, j’ai pensé à mon père qui chantait le nez au mur et les mains sur la tête. Qui m’avait même offert le 45 tours, avec la tête de Daniel en couverture – et la coupe de cheveux so 80’s

Mais c’est pas tout… Qui je vois sur une autre affiche, programmé en octobre 2018, avec la mention « 40 ans après, nouvel album » ?
Les Forbans !
Vraiment, je vous jure.
Et moi quand je vois les Forbans, j’ai un sourire qui me vient instantanément aux lèvres car j’ai de la grosse photo-dossier concernant les Forbans… Oui oui ! Même que je vous lance un petit défi à la fin de cet article…

 
That E-guy

Mais revenons à Eels, c’est quand même pour lui qu’on est venus. Que Mickaël est venu, je veux dire. Moi je l’accompagne, c’est pas pareil. D’ailleurs tu le vois tout de suite dans les salles de concert : il y a les super fans, et il y a les autres. Celles et ceux qui, gentiment, accompagnent.

Au concert de Eels, j’ai l’impression que c’est plutôt des celles qui accompagnent.
Et que les gars, c’est des gros gros fans. Je dis les gars parce que, de fait, c’est beaucoup de gars. Super fans. Certains arborent des tee-shirts de Eels qui datent des concerts d’avant. Et on a affaire à un public fidèle, ça se sent immédiatement. C’est pas des pèlerins qui savaient pas quoi faire de leur soirée et qui se seraient dit, tiens y’a de la lumière, on va rentrer pour voir, en plus j’adore l’anguille grillée.
Non. T’es malade ou quoi ?

Le concert était complet quatre jours après qu’on a appris la date. Ça s’est joué à guichets fermés et contrebande masquée.

Les gars, ça se trouve, c’est tous des geeks comme Papa Écureuil. Imagine, t’es assise à côté de l’un d’eux et tu le sais même pas ! Enfin les autres je peux pas dire, mais Papa Écureuil je sais.

Toi tu croyais naïvement que plus personne n’achetait de CD, ou bien, éventuellement, en version dématérialisée pour l’installer dans sa bibliothèque iTunes ?
Ben non. Il en reste un. Et il habite chez moi.

Personnellement, j’ai arrêté de compter le nombre d’albums de Eels qu’on a chez nous. Quinze ? Vingt ? Alors que le mec n’a sorti que douze albums studio. Mais après il y a les EP, les live (surtout le Live at Town Hall, 2006, qu’on a en CD et en DVD), les bonus et les inédits, tu comprends ?
T’es pas obligé.e, hein. De comprendre.

 
The show

En dépit de tout ce que je viens de dévoiler, ne croyez pas que je n’ai pas aimé le concert. C’est pas ça. C’est l’inverse. J’adore quand Papa Écureuil est heureux. Et qu’il me serre aux premières notes de My beloved monster. Je prends pas mal d’être traitée de monstre.

Et puis j’aime les gens (qui doutent, d’accord) qui ont suffisamment d’humour et d’humilité pour savoir se moquer d’eux-mêmes.
So, when that E-guy fait son entrée sur ces quelques notes de Rocky, c’est déjà presque gagné.

Après, j’avoue que ça m’a fait bizarre de le voir sur un podium avec une douche de lumière sur lui pendant tout le concert.
Vous me direz qu’il n’y a point de bizarrerie là-dedans, rapport à ce qu’il est la vedette du groupe. Oui mais voilà, le chanteur de Eels c’est quand même plutôt un homme de l’ombre. Le mec qui réfléchit des heures mais ne va pas gesticuler sous les projecteurs. Ce petit côté Mike Novick – ou Papa Écureuil.

Du coup ben c’est vrai que moi je préfère écouter les ballades de Eels la nuit dans le noir, toute seule avec Mickaël, dans le replay du 16 avril 2018 de Very good trip de Michka Assayas sur France Inter…

 

 

Mark Oliver Everett a joué quelques-unes de ses ballades que j’aime bien : Dirty girl (si t’as jamais entendu un mec mélancolique…), That look you give that guy (… avec accessoirement un gros déficit de confiance en lui), My beloved monster bien sûr, et d’autres, qu’il a qualifiées de « soft rock », en opposition aux morceaux de death metal qu’il avait joués précédemment.

Nan j’déconne. Mais c’était un concert bien rock quand même. Disons, pour quelqu’un qui, gentiment, accompagne et qui est plutôt du genre folk. Pourtant je crois qu’il y a de l’harmonica dans certaines chansons de Eels. Enfin je suis plus si sûre maintenant. Il faudrait que je vérifie auprès d’un gros gros fan. Qui habiterait chez moi par exemple.

 

Et puis, quand même, une auto-reprise audacieuse de Novocaine for the soul. Alors que, je me dis, ça doit bien le saouler à force, toute cette novocaïne. Mais bon, c’est le jeu un peu, quand, une fois dans ta vie, tu as fait un tube.

Je crois me souvenir que c’est Marie-Paule Belle qui avait dit ça une fois, dans un concert, avant de reprendre de bonne grâce sa Parisienne. Comme quoi les tubes ne sont pas toujours que de la m…

Et donc cette reprise de Novocaine était radicalement différente de l’originale et très émouvante ; ça sonnait comme un cadeau à son public qui l’a découvert avec cette chanson.
En tout cas, ça montre que son public le suit. Vieillit avec lui. Ou que lui vieillit avec son public, je ne sais pas comment il faut dire.

Et puis, est-ce parce que j’avais l’esprit orienté par mon article précédent que j’ai vu tant de cheveux blancs ? Et de crânes euh… comment dire… allégés de cheveux ?
Force était de constater que la moyenne d’âge du public ne commençait pas par un 1 ou par un 2. Et pas non plus par un 3, voyez.
Mais bon, au concert de Marie-Paule Belle non plus, vous me direz.
Et puis si la jeunesse était un gage de qualité ailleurs que dans le dynamisme des spermatozoïdes, ça se saurait.

 

Bref, tout ça, le fait de me retrouver à l’Olympia, avec ce truc des 40 ans des Forbans en plus, ça m’a fait penser au concert d’Anne Sylvestre qui célébrait ses 40 ans de chansons ici même, à l’Olympia, en 1998.
Bon, depuis, elle a ajouté vingt ans à sa carrière immense et je l’ai revue en concert ailleurs, mais celui de 1998, j’aurais tellement mais tellement aimé y assister ! Plutôt que d’être là où j’étais…

Parce que qui, aujourd’hui, écrit encore des chansons avec autant de talent, d’intelligence et de poésie ?
Mark O., me soufflerait probablement Papa Écureuil (qui n’en a pas marre).
D’accord, mais avec autant d’humour aussi ? Et en français ? Hein ?

 

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Et vous, Eels ? Vous aimez ou vous détestez ?

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Défi #1 : Forbans.

Envoyez-moi, dans les commentaires ci-dessous, votre curiosité aiguisée, ou votre supposition pleine d’imagination sur cette histoire de Forbans.
À partir de 31 demandes différentes, parvenues avant le 31 juillet 2018, je balance la photo-dossier ici même !

Indice : Est-ce que le fol espoir de nous sortir de la tête « Ouap ouap ouap, chante, chante, danse et mets tes baskets » motiverait Papa Écureuil à nous faire partager sur le blog sa passion pour Eels ?

 

* Edit du 1er août 2018 *

Vous n’avez pas été assez nombreux à participer. Loin, loin, très loin du compte même. Je me suis enflammée et vous ne m’avez pas suivie. Tant pis… Mais je forwarde personnellement la fameuse photo-dossier aux courageux qui ont sauté l’obstacle du premier commentaire.  Merci… et enjoy !  🙂