Pourquoi je déteste les cyclistes allemands…

… sur les routes de Majorque !

 

Par Papa Écureuil

On m’avait prévenu qu’il y avait à Majorque beaucoup d’Allemands mais je n’ai pas mesuré ce que « beaucoup » voulait vraiment dire.

Il faut se rendre compte que quand on rentre dans un restaurant, les serveurs nous demandent « deutsch ? », que les panneaux servant à attirer le touriste sont d’abord en allemand, et que les touristes, allemands donc, commencent toujours par parler en allemand, où qu’ils soient, avant de se raviser si d’ordinaire la jolie langue de Goethe n’était pas comprise (ce qui arrive assez peu de fait) !

Mais ceci n’est rien à côté du véritable fléau : l’Allemand vient à Majorque en groupe, avec son club de vélo. Et il y a tellement de pelotons de cyclistes partout qu’on a vite l’impression de se retrouver perdu en voiture au milieu du Tour de France d’Allemagne.

Alors sur certaines routes de campagne, ça peut aller, mais Majorque est une île montagneuse. Et quand l’envie te prend de te rendre avec ta famille à la pointe nord de l’île, au fin fond de la chaîne de montagnes la plus haute pour aller voir le phare du Cap de Formentor, là bas au loin, et que l’unique route est également empruntée par une cohorte de cyclistes qui semble bien rassembler toute la population de Munich, tu t’embarques vraiment pour un moment très intense : tu les doubles dans les montées en prenant garde de ne pas renverser les tarés qui bombardent en sens inverse, puis c’est toi qui te fais doubler dans la descente suivante, et si par malheur tu te retrouves coincé derrière d’autres automobilistes comme toi, alors les cyclistes commencent à te doubler méthodiquement par la gauche comme par la droite…

Arrivé enfin à destination, après 45 minutes de stress intense (« regardez le paysage et dites à papa si c’est beau », « non, papa ne peut pas regarder car il doit rester concentré sur les cyclistes »), tu te rends compte qu’il n’y a pas de place pour se garer et que tu as atterri dans un énorme cul-de-sac où les voitures font demi-tour comme elles peuvent sur une route étroite à flanc de montagne, avec bien sûr tous les cyclistes allemands qui continuent d’arriver de part et d’autre sans daigner ralentir.

Papa Écureuil, qui n’a pas lâché le volant une seconde : « Ok, c’est bon. On repart direct. On va à la plage. »
Les enfants en chœur derrière : « Ouaaaaiiis ! Youpi ! Merci papa ! ».

 

Ce que je n’ai pas pu voir. Oui, c’est beau. Danke schön.