Et je cours

Photo : Quand Mickaël me prend en photo au retour de running (décembre 2019).
C’était dans le sud de la France à Noël, il faisait chaud, j’avais pas mis mon bonnet du Commandant Cousteau qui est pourtant follement seyant, glamour et paillettes…

 

J’ai déjà raconté ici mon rapport au running. Mais depuis que je suis rentrée de voyage, la course a pris encore plus de place dans mon quotidien.

Trois fois par semaine, toujours le matin à jeun et seule, je cours.

En ce moment j’ai la rage alors je réécoute du rap, je fume plusse, et je rallonge pas mal mes sorties running aussi, parce que courir m’aide, m’a toujours aidée.

Ce matin, dans le froid qui transperce (bon ça va, il faisait pas -20°C. non plus, on n’est pas à Sept-Îles !), j’ai couru presque 1h30.
Facilement, sans me rendre compte que c’était autant.
Sans penser que ce serait le meilleur moment de ma journée.

Il y en a peut-être qui courent pour se maintenir en forme. Le running fait ça mieux que le rap et la cigarette à ce qu’il paraît.
Moi je cours quand je ne trouve plus les mots. Ou quand il y en a trop et qu’ils ne font plus écho – ce qui revient à peu près au même finalement. Je cours.

Comme un chien dans l’arène de mon propre désir, j’aboie à perdre haleine.

Ceux-là ne sont pas mes mots, mais j’avais envie de les dire quand même. Il y a de ça.
Je cours contre le bruit, je cours contre trop de silence aussi.

Courir m’aide à rester debout et ancrée dans mon corps, quoi qu’il se passe dans ma vie.
Et le corps, c’est tout ce qui reste quand le cerveau et le cœur s’empêchent d’avancer.

On pourrait probablement en dire autant du cerveau quand c’est le corps et le cœur qui s’empêchent d’avancer, et peut-être même du cœur quand c’est le corps et le cerveau qui.
Comme une sorte de triangle équilatéral de notre équilibre.
Au passage, merci Léo d’être toujours une telle source d’inspiration !

 

Mon bonnet chaud du Commandant Cousteau mais de dos, parce que je ne veux pas vous montrer la tête que ça me fait de face ! C’est le privilège des gens qui me croisent à vive allure de bon matin, trois fois par semaine… (janvier 2020).

 

Trois fois par semaine, c’est le rythme qui me va. Je ne rate pas une fois. Si j’accompagne une sortie à l’école, je décale mes jours, je cours le lendemain.

Dimanche il commençait déjà à faire plus froid. Le ciel était bleu mais il y avait du verglas. Je suis tombée. Entre ces p… de barrières qui servent à ralentir les cyclistes sur les bords de l’Oise. J’ai glissé sur une plaque et me suis étalée devant trois gars en vélo qui faisaient une pause pour boire de l’eau. Parce que bien sûr ce genre de mésaventure, c’est toujours plus sympa devant des spectateurs…

Je me suis relevée les joues rouges, je suis repartie en boitillant, puis, après quelques pas, j’ai réalisé que je n’avais rien de cassé ni d’entorsé, et j’ai ressenti une telle gratitude que je me suis remise à courir et j’ai même tapé un sprint de folie, comme une ode à mon corps qui me permet de faire tout ce que je veux faire.

J’ai eu envie d’écrire cet article aussi. Pour lui dire merci. Merci de jouer dans mon équipe.

Merci que je puisse courir.

 

*****

 

Et vous, vous courez ?
Pourquoi ? Ça vous fait quoi ?

 

* En aparté *

Comme je sais que cet article va te parler, Carole, parce que la course est un des points que nous avons en commun, j’en profite pour te remercier de tes nombreux commentaires sur le blog. Notamment celui dans lequel tu nous souhaites de courir ensemble en 2020 !  🙂

Et merci d’avoir osé répondre à ce commentaire critique sous mon article Les femmes en noir, avec ta sincérité et tes valeurs. C’est un sujet tabou, peu de personnes osent dire ce qu’elles pensent…