Ça va les collines !

Photo : Le Marcass’ quand il en peut plus de marcher dans le Parc national Abel Tasman. Il baisse sa casquette de base-ball des Cubs que son papa lui a rapportée de Chicago, et c’est bon (Nouvelle-Zélande, décembre 2018).

 

 Par le Marcass’.

 

 

Moi j’aime pas ici. J’ai pas envie de dire dans quel pays parce que j’oublie tout le temps le nom. Mais les moutons, les vaches et les kiwis, c’est tout c’qu’y a, y’a même pas d’animal féroce !

En plus quand on roule dans le camion c’est trop long. Garance et Lulu, ils lisent Harry P’tit pois et moi je m’ennuie, chais pas quoi faire…
Je suis trop petit pour voir la route, et si j’étais plus grand ce sera même pas intéressant.

– (Le Pap’) Regarde par la vitre Chouch, les collines.
– Mais ça va les collines, y’a qu’ça ici des collines !

 

Par la vitre du campervan, sur la Southern Scenic Road.

 

Et ça m’énêêêrve qu’on roule tout le temps. J’ai envie qu’on s’arrête dans un camping avec une bonne connexion, comme ça je pourra regarder Mouk et Cat’s Eyes sur la tablette au lieu que tout le monde lit et moi je m’ennuie toujours parce que personne veut jouer avec moi.

Mais les campings, c’est pas comme en Australie. Y’a jamais de piscine. Y’a pas des jeux bien comme des tyroliennes ou des trampolines géants, et on peut pas voir des kangourous ou des koalas, ou même juste des perroquets. En plus ils disent qu’il y a du wifi et ça marche jamais pour les vidéos, c’est trop mal élevé ici !

Et maintenant on fait que de faire du camping sauvage tout le temps, hier, avant-hier, et c’est encore plus mal élevé : y’a RIEN en camping sauvage !

 

Hier en camping sauvage, avec Lulu on a ramassé des cailloux et des bâtons pour faire un morpion. [Note de maman Ourse : C’était à Greymouth, le coucher de soleil juste devant la mer de Tasman. Quand même, moi j’ai trouvé que c’était cool…]
 

Après on se couche, et moi j’en ai marre de dormir en haut avec Garance et Lulu. Déjà on crève de chaud en haut, et ils veulent jamais jouer à Tibisse avec moi. Je suis toujours obligé de faire le méchant et ils m’embêtent tout le temps, j’en ai marre. Je veux dormir avec maman.
Ou alors, si c’est pas possible que je dors avec maman, je veux rentrer et dormir tout seul dans mon lit de la maison.

 

Marcel

 

 

*****

 

Note de maman Ourse

 Voilà voilà… Le Chouch en Nouvelle-Zélande, c’est (en trois points) :

– J’en ai marre.
– C’est trop mal élevé (dans une utilisation très personnelle de l’expression).
– Mais ça m’énêêêrveuh ça !

Papa Écureuil a dit : « En fait, on le savait pas mais on vit avec Jean-Pierre Bacri… ».

Avant-hier, on s’est arrêtés sur la route parce que le paysage en quittant Queenstown était d’une beauté stupéfiante. Des lacs immenses entre les montagnes. Purs, sauvages. Sans aucune trace de présence humaine. Des reflets au soleil, les ombres des nuages sur les sommets.
On est tous descendus pour le prendre dans nos yeux et dans nos mémoires, sauf Jean-Pierre Bacri.

Jean-Pierre Bacri en a profité pour se mettre au volant du cametard (sic).

On n’avait pas coupé la musique et quand on est revenus de notre féérie visuelle, c’était In Bloom à fond dans le camion (B.O. du voyage, n°17). Chouch sur le siège du conducteur, il serre le frein à main, puis il attrape le levier de vitesse et il secoue sa tête pleine de cheveux à la Kurt Cobain. Il nous dit : Moi je suis un mec !

 

Le Chouch au volant sur la Southern Scenic Road.

 

En insistant bien sur le dernier mot : « mec ». Voilà… On a une vague idée de ce qu’il veut dire par là mais on ne sait pas d’où ça lui vient. Ça ne peut pas être la façon dont on l’élève. D’abord il ne fait pas pipi debout. Et puis il n’est pas le seul garçon chez nous. Pas le seul Taureau non plus, pour celles et ceux qui voudraient y voir des explications astrologiques.

Tous les hommes sont Taureau chez moi par ailleurs. Même mon père.

Régulièrement, Papa Écureuil me demande :
– Mais pourquoi tu l’as fait comme ça, cet enfant ?

Régulièrement, je demande à papa Écureuil :
– Mais pourquoi tu as mis toute cette testostérone dedans lui ?

Mais voilà, il est comme ça, le Chouch…