De l’égalité des sexes

Le Grand Lièvre est fatigué en ce moment.
Il m’a dit ce matin qu’il en a marre de se lever pour aller à l’école (au CP).

– Ça sert à rien en plus.
– Ouais bah… T’as pas fini Lulu parce qu’il te reste encore plein d’années d’école où tu vas devoir te saquer le matin !*

Long vagissement, tête écroulée dans les bras repliés sur la table, bol repoussé devant, je guette le moment où il va se renverser pour tenter de le rattraper au vol.
–  …
–  …

J’essaye que le bout des oreilles du lièvre, puis la tête entière se redressent. Nan parce que les tartines sont déjà bien grillées, donc faut avancer là… Je tente un truc.
– Et après, quand t’auras fini l’école, ben tu te lèveras encore pour aller travailler.
– Pfff là là… Elle a trop de chance Garance, elle sera pas obligée d’aller travailler !
– ?!*^#*?!  Enfin… pourquoi tu dis ça ?

Tête entière redressée, ça c’est gagné, mais ton passablement énervé.
– Parce que c’est une fille, tiens, voilà pourquoi j’dis ça !

Ah ouais… Voilà le modèle qu’on donne. Voilà d’où on part !  🙁
Après l’école, il va falloir revoir urgemment quelques petites choses je crois.

*****

* Ouais je sais… C’est trop pourri de lui balancer ça à la face, et pas du tout encourageant, donc ça n’aide pas, mais moi le matin je suis déjà en retard parce que je me suis pas levée quand mon réveil a sonné donc j’ai pas la répartie pour coacher tout le monde dans la bienveillance et le dynamisme, genre le soleil vient de se lever encore une belle journée, vous comprenez ?