La peau de rouget 159 # 27 septembre 2026 – Je ne suis pas son frère mais bon…

Photo : Les garçons sur le petit bateau pour les Cinque Terre cet été en Italie (La Spezia, 6 août 2026).
Je ne m’explique pas ce qu’il s’est passé avec mon appareil photo. Je n’ai rien modifié dans les réglages avant, rien retouché après : la photo est sortie telle que vous la voyez. Vieillie, à la fois présente et déjà passée. Si toutes mes photos du jour avaient eu le même rendu vintage, je me serais dit : ok, quelque chose a déconné dans mon appareil. Mais non. C’est la seule. La seule photo étrange de toutes les vacances.

Je ne suis pas son frère mais bon…

Où je vous parle de transgénérationnel et de constellations familiales (sans jamais dire les mots).

 

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https://www.youtube.com/watch?v=RjrKoXrlwtY&list=RDRjrKoXrlwtY&index=1

Camille, Monsieur Garçon, volume « Adolescence » de l’album « The Sound of Milk », 2026

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Salut les petits poissons !

 

Le mois de septembre a été tellement long qu’il n’est même pas encore fini.
J’avais noté deux choses en septembre : la rentrée des enfants le 1er et la sortie du nouvel album de Camille le 18. J’ai beaucoup écouté les deux premiers albums de Camille, « Le Sac des filles » (2002) et « Le Fil » (2005), et je n’oublie jamais que mon amie Sophie m’a offert Ta douleur quand, il y a cinq ans déjà, j’ai demandé à tous·tes mes ami·es une chanson qui leur fait penser à moi. (Maintenant quand je pense à Camille, je pense à Sophie. Quand je pense à Sophie, je pense à l’Hyrox. Et aux cacio e pepe. Trop bizarre.)

 

Cliquez sur l’image pour relire La playlist 43

 

 

J’aime aussi Camille quand elle chante en anglais. Quand elle reprend Too drunk to fuck, des Dead Kennedys, ou dans sa chanson Home is where it hurts (album « Music Hole », 2008).

J’aime bien la fille, j’aime bien l’écouter en interview MAIS je ne suis pas une groupie de Camille. Je n’ai pas un suivi de son actualité musicale, je n’ai rien écouté d’elle depuis presque vingt ans.

Et donc, pourquoi tu attendais la sortie de son nouvel album le 18 septembre s’te plaît ??
(J’adore simuler que vous vous intéressez à mes histoires.)

Parce que, figurez-vous que, dans un entretien avec Rebecca Manzoni de l’émission « Totémic » sur France Inter sur laquelle je suis tombée tout à fait par hasard en revenant en auto de ma séance d’entraînement à l’Hyrox ce vendredi matin 19 juin 2026, Camille dit :

 

« Je crois que j’ai jamais vu quelque chose d’aussi beau que la mue d’un enfant qui devient un jeune homme. »

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/totemic/totemic-l-echappee-du-vendredi-19-juin-2026-6169211

 

Euh… alors non. Si vous suivez un peu mon blog, vous savez que je ne dirais pas ça. Non non, vraiment pas. Parce que j’ai déjà vu plein d’autres trucs beaucoup plusse beaux en fait. Rien que cet été en Italie, j’ai vu une magnifique brioche feuilletée en forme de boutons de rose (la torta delle rose, spécialité de Mantoue), un canard trop mignon en mosaïque de Ravenne, le soleil qui décline au petit soir sur les façades ocre et sienne d’une ruelle de Bologne, ou bien même, je sais pas, d’autres trucs.

Mais ce vendredi matin de juin, j’ai écouté Camille chanter en avant-première dans l’émission sa chanson sur la mue de son fils et… elle m’a fait chialer. Comme ça, sans prévenir ni guérir dans mon caisson, Monsieur Garçon. Maintenant que l’album est sorti, je partage la chanson avec vous, vous me direz. Si c’est moi qui suis trop sensible ou quoi (mais bon ça se saurait).

 

Camille, Monsieur Garçon, volume « Adolescence » de l’album « The Sound of Milk », 2026

 

Et quand je lui dis « ça suffit »,
« J’ai l’seum ouaich frère », il me répond
Je ne suis pas son frère mais bon…

 

C’est tellement difficile, la parentalité. Au moins aussi difficile que l’enfantalité – et je ne sais pas pourquoi le mot n’existe pas, pourquoi il n’y a rien pour désigner le travail que c’est d’être l’enfant de, et le travail encore plus long et plus douloureux de se défaire d’être l’enfant de ses parents. Parce qu’en vérité, c’est ce que je trouve le plus difficile dans ma parentalité : voir au loin la mère que je voudrais être, que je me dis que je devrais être, mais que je n’arrive pas à atteindre à partir de l’enfant que j’ai été. Bon, je réussis un peu des choses hein, je ne vais pas complètement me dégommer, mais je vois bien ce qui lutte, ce qui grince, ce qui fait obstacle.

 

La blessure est l’endroit par lequel la lumière entre en toi.

 

Cette phrase tourne dans ma tête depuis que je l’ai entendue début janvier par le psychologue Moussa Nabati (qui l’a reprise du poète, philosophe et maître soufi persan Djalâl al-Dîn Rûmî au XIIIᵉ siècle). Elle tourne dans ma tête parce que je ne parviens pas à l’attraper ; au moment où je crois l’avoir saisie, pfffiiiut, son sens s’évapore comme quand la prof de yoga m’a dit de me mettre rapidement en chien tête en bas. (WTF ?!*^#%$$???!! Je m’enfuis en courant truffe au vent et jamais ne revins.)

 

Ma tasse de Vathi volée en éclats puis sublimée dans ses fêlures au kintsugi, par quelqu’une qui a « fait du mieux [qu’elle a] pu ». (25 septembre 2026).

Est-ce qu’on peut guérir ce qui est blessé comme on répare ce qui est cassé ?

La blessure me permet-elle d’ouvrir les yeux sur ce qui me fait souffrir, ce que je n’ai pas reçu, ce dont j’avais besoin au moment de la blessure et ce dont j’ai besoin encore aujourd’hui ?

La blessure vient-elle porter à ma conscience la connaissance de ce qui est fêlé, et, à partir de là, ouvrir la voie d’une guérison possible ?

 

La blessure est l’endroit par lequel la lumière entre en toi.

 

Attrapez-la car je crois que de nouveau elle m’échappe.

 

Audrey Raveglia  🐡

Rien à lire en septembre 2026 ? Septembre 2025 est toujours dans la place !

 

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17 septembre 2025 : Lis-moi septembre 2025

 

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