Photo : Les livres de mon été (samedi 18 juillet 2026).
On holiday
Que racontent nos bagages de nous ? De quoi s’imagine-t-on qu’ils vont nous protéger ?
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https://www.youtube.com/watch?v=WDswiT87oo8&list=RDWDswiT87oo8&start_radio=1
Blur, Girls & Boys, album « Parklife », 1994
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Salut les petits poissons !
J’anticipe cette newsletter parce que dans une poignée d’heures (c’est pas bizarre cette expression ? Une poignée d’heures ? Comme si on pouvait attraper le temps comme de l’or), dans quelques heures je prends le premier train pour un rail-road-trip à travers le nord de l’Italie.
Hier soir en avant-goût, j’ai préparé des mac’n’cheese au chorizo façon la meuf de TikTok.
Les enfants ont aimé mais chut, je ne vous ai rien dit. En Italie, je pense que tu peux être conspué·e flagellé·e sur la place publique pour un truc pareil. Je pense qu’on te noie dans la marmite de la honte remplie de pâtes trop cuites pour que tu ne recommences JAMAIS.
Je ne connais pas l’Italie au mois d’août. Il paraît que les plages sont prises d’assaut par les Italien·nes dès le matin, côte à côte serré·es comme des sardines et qu’ils et elles n’en décollent plus jusqu’au coucher du soleil.
Vous vous rappelez mon maillot de l’été dernier, celui qu’on voit sur la photo d’en-tête ?
Cliquez sur l’image pour relire Mon maillot de bain & moi 2 (ce que je ne vous ai pas dit)

Ben cette année, c’est encore plus harr. Voilà. Donc je l’emporte, mais tant mieux qu’on va pas faire trop de plage. Il faut dire qu’on a un Stade Tour prévu, qui part de l’Allianz Stadium à Turin (pour la Juve) au Renato Dall’Ara à Bologne, en passant par je ne sais plus quel stade de l’Atalanta à Bergame et le San Siro à Milan (c’est le même stade pour l’AC et l’Inter. Comme deux frères qui partagent la même chambre mais qui se fight de ne pas avoir chacun la leur, si cela évoque quelque chose à quelqu’un·e).
Peut-être que si j’en ai marre, je m’allongerai sur les gradins pour lire. Nan parce que, à part mon maillot, y’a aussi les livres de mon été sur la photo. De la bédé, de la jeunesse, du théâtre, de la poésie, des récits autobiographiques, et bien plusse de romans que durant le reste de l’année. Des livres qu’on m’a offerts, d’autres qu’on m’a prêtés, et la plupart que j’ai empruntés, comme chaque été, à la bibliothèque.
Tout ça, oui.
Je pars en vacances sans mon ordi, c’est pour ça.
Sauf que le bail c’est pas trois mois de retraite en solitaire dans la Creuse donc il est fort probable que j’aie largement surestimé mon temps de lecture disponible. En fait, il est évident que j’aie largement surestimé mon temps de lecture disponible. Je le sais, je le sais déjà AVANT de partir, et pourtant je ne corrige pas le tir. Je pars avec tout. Mais pourquoi ??
C’est comme les gens qui partent en vacances (ou même en voyage) avec trop de vêtements. La Petite Souris de 17 ans qui part pour le Stade Tour le rail-road-trip avec moi, par exemple.
Cliquez sur l’image pour relire Quand j’avais 10 ans – Tout ce que je sais

Mais revenons à aujourd’hui, dans sa chambre, avec ses piles de petits tops bien alignées sur son lit.
Je veux dire, elle le sait, qu’elle emmène trop de vêtements, trop de chaussures, trop de maquillage. Là maintenant, au moment où je vous parle, elle le sait. Et pourtant, elle ne fait pas de tri. Elle prend tout avec l’argument que de toute façon c’est son sac et c’est elle qui le porte. Imparable.
Perso j’ai tenté un :
– Bah je peux prendre plusse de livres comme il fait chaud et que je prends pas de culottes.
Sauf qu’à nombre de livres et de culottes égal, je vous spoile direct : le sac ne pèsera pas le même poids sur vos épaules.
En parlant de culottes, petit tips pour vous les girls et les boys (who like boys to be girls) : si vous portez des sous-vêtements l’été quand il fait trop chaud (avec un short ou un pantalon serré, même moi je trouve que c’est préférable d’en porter), mettez-les la veille au congélateur. Allez, c’est cadeau.
Pour le reste, tâchons de nous mithridatiser. Surtout que je viens d’apprendre (ce que j’aurai oublié à la fin de l’été) que Mithra, dans la mythologie persane, est une sorte de Dieu-Soleil.
Et se mithridatiser, ou le mithridatisme, m’informe le troisième volume de mon Dictionnaire Culturel de la langue française en quatre volumes que j’aime d’amour, c’est le fait d’ingérer des doses croissantes de poison dans le but de développer une immunité ou une résistance vis-à-vis de ce poison.
Mithridatisons-nous à la chaleur alors, parce qu’elle vient pour durer et on n’aura pas assez de l’eau pour s’hydrater.
Cliquez sur l’image pour relire comment nos trois enfants en ont chié pendant notre grand voyage : They eat the frog ! (1)

Sur la photo d’en-tête de cette newsletter de pré-vacances, à droite des livres de mon été, dans le grand gobelet en grès sur lequel j’ai nonchalamment disposé mon maillot de bain comme dans un magazine féminin des années 80, je rêverais que ce soit du mojito. Avec beaucoup de rhum et presque pas de sucre, comme j’ai demandé qu’on me le serve au Lolita où je passais la soirée avec mes cops ce mois-ci, des rondelles de citron vert pilées avec des feuilles de menthe et de la fraîcheur qui pétille quand j’approche ma bouche de la paille.
Mais non. Dedans c’est mon bouillon d’os de 18h30 samedi dernier.
Tu as perdu de ta superbe !, m’a dit Fred-ma-cops le soir du Lolita.
J’y ai pas mal repensé, comme souvent les déclarations de Fred.
Est-ce qu’on a tous et toutes un·e ami·e comme ça ?
Un·e ami·e qui vous dit des trucs d’une grande clairvoyance, oublie ensuite totalement qu’il ou elle vous a dit ces trucs, alors que vous, vingt-cinq ans plus tard, vous pouvez encore lui répéter au mot près ce qu’il ou elle vous a dit ?
J’ai perdu de ma superbe, soit. Mais mon foie et mes articulations y gagnent des années de vie. De là à dire que vivre superbe, c’est mourir jeune…
Je vous laisse avec une bonne chanson de vacances d’été de l’époque où j’étais jeune et superbe. Love in the nineties (is paranoid).
Girls who want boys
Who like boys to be girls
Who do boys like they’re girls
Who do girls like they’re boys
Always should be someone you really love
Mais comment pouvait-on écouter Oasis après ça ? QUI écoutait Oasis ?!
#TeamBlurForEver ❤️
(J’écris ça l’appréhension au cœur d’apprendre un jour que Damon Albarn a commis viols et harcèlement comme Patriiiick. Please don’t.)
Blur, Girls & Boys, album « Parklife », 1994
Bon été !
Audrey Raveglia 🐡
Un seul article en juillet sur le blog
13 juillet 2026 : La meuf de TikTok


