Mon père, ce héros

Photo : Des fois la paternité c’est dur. Tu kiffes pas. Tu dis rien mais tu kiffes pas (décembre 2011).

 

La semaine dernière, la Petite Souris (13 ans) a traversé une zone de turbulences liées à tout un tas de trucs compliqués qui ont à voir avec grandir, le collège, qui suis-je, qui veux-je être et que fais-je de l’opinion des autres sur moi. Alors que j’essayais de l’aider à sortir de la zone sans trop me turbuler moi-même dans mon propre passé, elle m’a dit :

– J’ai trop peur que papa s’énerve et se mette en colère contre moi, franchement y’a rien de pire ! Quand il est pas content et qu’il crie, pour moi y’a rien de pire que ça. À part si y’avait plusieurs pap’ en colère, par exemple trente pap’ en colère, sinon y’a rien de pire !

 

Le mois dernier, la Petite Souris (13 ans) prenait gentiment son goûter sain et équilibré dans la cuisine et elle m’a dit :

– T’as trop de chance maman ! Moi je sais pas comment je vais faire pour trouver quelqu’un d’aussi bien que papa… Est-ce que tu savais, quand tu l’as rencontré, qu’il allait être aussi bien ? Continuer la lecture de « Mon père, ce héros »

Ta fille est un objet sexuel

Photo : Street art by Miss.Tic.

 

Toutes les illustrations de cet article sont des œuvres de Miss.Tic, en hommage à cette artiste de rue que j’aime beaucoup et dont j’ai appris la mort récente, le 22 mai dernier. Si vous ne la connaissez pas, je vous donne un lien vers un portrait rapide en vidéo dans l’émission « Culture Prime » sur France TV Arts.
https://www.youtube.com/watch?v=YtpKebFjxy4

La « Fantômette du pochoir », ça m’a un peu parlé si vous voulez… quoique je n’ai pas de pochoir. Et puis Prévert, « Paroles », moi aussi c’était mon tout premier recueil de poésie, et pour moi aussi il y a eu cette histoire de couverture qui a changé avec le temps. Je vous en avais même parlé ici dans La promesse de décembre !

Merci Miss.Tic pour la poésie qui agrandit le monde.
Merci pour la désobéissance, merci pour la liberté.

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Nous sommes en juin. Il ne vous aura pas échappé qu’il fait chaud.
En début de semaine, la Petite Souris (13 ans, en 5e je précise pour la suite) rentre du collège et me dit : Continuer la lecture de « Ta fille est un objet sexuel »

Merci maman

 

Dimanche c’est la fête des mères. Pas besoin d’un article pour dire bonne fête mounette, vous allez m’objecter que je peux lui souhaiter par téléphone. Oui c’est vrai. Sauf que là… J’AI PLUS DE TÉLÉPHONE !!! Noir, rien, fini ! Tu parles trop, m’a dit l’écran avant de s’éteindre définitivement. Ferme-la, tu comprends ce que ça veut dire ? Tais-toi mais tais-toi b**del de m**de ! Et puis je n’ai plus rien vu, plus rien entendu. Alors c’est pas autant le désespoir que le jour où mon ordi a planté et j’ai cru que j’avais perdu ma vie, mais c’est dur quand même. Les photos, les conversations, voyez… Enfin c’est pas votre problème. Ça se trouve vous êtes partis en week-end, et peu vous chaut mon objet transitionnel mobile.

De toute façon, ce que je voulais aujourd’hui c’est partager avec vous cette vidéo que j’ai aimée.

 

Avertissement  ⚠️

Attention, le premier ou la première qui émet un début de critique sur Sophie- Continuer la lecture de « Merci maman »

Le tyran du câlin

Photo : Allez viens… on est bien… allez maman allez… viens me faire un câlin… (avril 2022).

 

Aujourd’hui le Marcass’ a 9 ans et comme l’article qu’il a eu lui-même envie d’écrire pour le blog il y a trois semaines* (j’y croyais pas j’te jure, j’ai ouvert la bouche et les yeux grand comme ça 😲), comme son article autogéré donc, n’est pas prêt à être publié parce qu’il ne se met pas la pression comme moi et qu’il ne va certainement pas prendre sur son temps autorisé de jeux vidéo pour travailler dessus, aujourd’hui je vous raconte quelque chose de lui.
Lui, Marcel (lien Qui est le Marcass’ ?).

 

D’abord, est-ce que chez vous aussi il faut toujours réexpliquer que quand une fille un papa, une maman, un grand frère, une grande sœur, n’importe qui dit non, c’est non, et qu’on ne fait pas un câlin de force ? Pas plus qu’on ne négocie un câlin avec son grand frère en échange de lui faire le dessin de sa poésie ou de coller les feuilles en vrac depuis trois mois dans son cahier de liaison ?
Attention c’est pour de vrai ce que je vous rapporte ici, je n’affabule pas, ce sont des deals qui se pratiquent en secret sous mon toit. Quand, sous des dehors insoupçonnables à l’école et en société, le dealer de câlins est lui-même totalement addict de câlins.

– Maman, moi je voudrais vivre deux vies en même temps. Une vie où je mange et je fais mes scotchs, et une vie pour les câlins où on se sépare jamais.

C’est quel degré d’addiction quand tu rêves d’une vie entière consacrée à ta toxicomanie, dis-moi ? Quand le junkie t’annonce : Continuer la lecture de « Le tyran du câlin »

Les toilettes de l’AS 24

Photo : Voilà. C’est un nouveau keep calm pour vous pour moi.

 

Il y en a qui font de grands projets, d’autres qui rêvent les yeux ouverts, d’amour et de poésie ; moi je suis revenue de Paris hier avec une idée fixe : nettoyer le lavabo de ma salle de bain. Oui parce que les enfants sont partis en vacances pour une semaine chez ma mère avec leurs cousins. (Si tu ne vois pas le rapport entre les deux événements, laisse-moi deviner que tu n’es pas un parent. Ou bien que tes enfants ne vivent plus chez toi depuis si longtemps que tu as fini par oublier. Le dôsse de la salle de bain.)
J’ai donc déposé hier midi trois enfants de 8, 10 et 12 ans qui ont séché le dernier jour d’école sur un quai de la Gare-de-Lyon, après qu’on a échappé à une grève de la RATP et qu’on s’est fait contrôler (les billets, pour le masque on ne nous a rien dit) dans notre train de banlieue – heureusement que j’avais acheté des tickets et qu’on était en règle, ce ne sont pas des enfants qui aiment le risque. Déjà qu’ils étaient en stress de poursuivre le trajet seuls ou presque…
Puis je suis rentrée chez moi dans ma maison vide, j’ai défait les draps de tous les lits, je les ai rassemblés en un immense tas par terre ET : Continuer la lecture de « Les toilettes de l’AS 24 »