Photo : « Espèce de ratatouille sur une sauce au yaourt genre ». La meuf de TikTok, elle, elle mange TOUT ÇA TOUTE SEULE. Et elle kiffe. (Vendredi 3 juillet 2026 dans mon jardin.)
Avant de vous laisser pour l’été (comme si j’avais été hyper présente ici depuis le début de l’année. Bah non. Clairement non.), avant de vous laisser et de laisser ma cuisine pour l’été, j’ai envie de vous parler de : la meuf de TikTok.
Que j’ai découverte sur Insta alors que je n’ai pas Insta (ni TikTok).
Mais comment alors ? Comment as-tu découvert la meuf de TikTok ?
Good question.
La meuf de TikTok (telle que l’a renommée le Marcass’, 13 ans, qui vit chez moi) s’appelle Sandy Ramier.
Elle a un compte TikTok et un compte Instagram sous le profil @lagrande_bouffe.
Je suis venue à elle cet hiver, un triste jour de janvier (qu’est-ce qui n’est pas triste en janvier ? – Sandy Ramier) en cherchant sur Internet ce que j’allais bien pouvoir faire des trois paquets de tempestina que j’avais achetés à la rentrée va savoir pourquoi. En prévision d’un siège apparemment.
Aucun des blogs culinaires que je suis assidûment depuis des années n’utilise de tempestina. C’est là que je tombe, par hasard mais pas tant, sur la pastina de Sandy croque dans les céréales le chocolat croustille / https://www.youtube.com/watch?v=Wr6jp3QlyXQ
Deux jours après ma découverte, je sers la pastina fumante dans des assiettes creuses. Mes enfants surkiffent. On est dimanche soir, mais d’un coup c’est plus du tout la même histoire que la soupe du dimanche soir qui ajoute à la déprime dudit dimanche soir au cœur de l’hiver.

Dès 8h le lendemain du dimanche soir qui a ouvert une nouvelle ère, j’allume mon ordi pour feed-backer la recette de cette pastina in brodo bien réconfortante dans mon volumineux fichier SOUPES. C’est un lundi matin où j’ai du temps, je commence donc quelques recherches.
D’abord je ris jaune avec cette vidéo :
https://www.instagram.com/lagrande_bouffe/reel/DT-FMt1DVvN/?hl=fr
« Si vous avez la possibilité de vous faire offrir une Cocotte-Minute… »
Bah bien sûr, Jean-Paul-Pierre. Ce livre a VRAIMENT existé, les meufs.
200 recettes de cuisine pour les femmes qui travaillent – Des miracles culinaires en moins d’une demi-heure, de Jean-Paul Benoît et Pierre Fournier, éd. France-Loisirs, 1974.
Puis je ris bleu avec une autre vidéo sans recette :
https://www.tiktok.com/@lagrande_bouffe/video/7641169138362092832
https://www.instagram.com/lagrande_bouffe/reel/DYecT5QN4C3/
« C’est généralement le moment qu’elle [ta balance de cuisine] choisit pour te dire : oh non vas-y chui fatiguée là, j’ai plus de batterie laisse-moi tranquille j’arrête de fonctionner en fait… EN PLEIN MILIEU D’UNE RECETTE ! »

Enfin, j’enchaîne les vidéos de recettes super faciles en continuant à rire de toutes les couleurs : palakchouka, polenta crémeuse au lard fumé, chanterelles et Saint-Nectaire, paillasson de pommes de terre aux champignons et œuf poché, pâtes façon soupe à l’oignon, pâtes au chorizo, pâtes aux asperges à la crème de petits pois…
https://www.tiktok.com/@lagrande_bouffe/video/7630972927168498966
https://www.instagram.com/reel/DXWW473hyNb/
« Arrêtez d’offrir des fleurs, offrez des asperges. »
Évidemment ! Au printemps, offrez des asperges (ou des cerises ou des fraises, à 10 € la barquette de 500 g) ; en été, de la véritable burrata de bufflonne des Pouilles, à l’automne, un panier de girolles ; en hiver, un gros reblochon fermier AOP. Et toute l’année, des sachets de pistaches de l’Etna. Libérons les fleurs, laissons-les s’épanouir hors de nos cuisines !

Le Marcass’, qui lui a donné le nom qu’on utilise désormais tous et toutes chez moi, ne peut pas encadrer la meuf de TikTok. Il trouve qu’elle est : gênante. Gênante au point qu’il quitte le salon en soufflant bruyamment quand je me repasse une vidéo à mon bureau. Des fois je lance une vidéo juste pour être toute seule dans mon salon.
Mon mari, quant à lui, ne supporte pas le montage ultra rapide caractéristique des vidéos courtes des jeunes des réseaux sociaux. Donc, quand j’ai planifié une recette de la meuf de TikTok et que c’est lui qui cuisine, il coupe le son avant de prendre connaissance de la vidéo. Le déroulé de la recette est écrit en descriptif, mais le visuel est indispensable pour estimer le poids des ingrédients, la taille du moule, le temps de cuisson…
Sauf que bon, si t’écoutes pas la vidéo, tu passes complètement à côté de la meuf de TikTok.
Moi je la kiffe.
Elle m’apporte de la légèreté – quoique sa cuisine soit abusivement chargée en beurre lardons crème fraîche fromage chorizo mozza burrata et gras gras gras. À l’opposé de ma cuisine à moi. Mais justement, c’est dans cet opposé qu’elle m’apporte de la légèreté. Du lâcher-prise. Du allez-bien-vous-faire-foutre-chantres-du-healthy-et-ligue-diététique-de-l-anti-cholestérol ! *
À table, dès que le dîner que je sers est plusse gras, plusse régressif que d’habitude (plusse « comfort food » dirait-on sur les réseaux), il y a toujours un enfant pour demander :
– Euh… C’est une recette de la meuf de TikTok ?
Absolument. C’est une recette de la meuf de TikTok. Maintenant mange, parce que tu vas kiffer.
* Bon, j’ai peut-être un peu trop suivi ses recettes parce que, du cholestérol, maintenant j’en ai. À racheter des aubergines exprès pour la parmigiana 🙈
Les aubergines frites que ça prend des plombes, oui, à raison de quatre tranches par quatre tranches max dans la poêle… mais c’est tellement bon !

https://www.tiktok.com/@lagrande_bouffe/video/7646366737172139297
https://www.instagram.com/reel/DZCgM7dtfhS/
« Le piment il pourrait peut-être postuler à l’Élysée : emploi fictif complet, il sert à rien. »
Aussi j’apprends des choses. Par exemple, j’ai fait ses wraps halloumi alors que j’ai jamais compris l’intérêt du halloumi (ni comment on peut mettre si cher dans un bout de pneu qui se fume même pas). Bah là c’est bon. J’ai compris. Le halloumi ne se comporte pas comme un fromage, il faut le préparer comme de la viande hachée en fait. Tel est le secret. Que ni mon cul ni ça, c’est du poulet.
Il faut le préparer comme de la viande hachée ET uniquement pour toi et ton mec (ou ta meuf). À moins que quelqu’un·e t’en ait offert trois paquets, à la place de fleurs, imaginons. Ou à moins que tu trouves par terre un billet bleu, comme ma cops Marlou, qui te permette d’acheter du halloumi en quantité pour cinq personnes – mais franchement, si ça t’arrive de trouver un billet bleu, paye-toi un double mojito plutôt.
https://www.tiktok.com/@lagrande_bouffe/video/7635683584027806998
« Par pitié, est-ce qu’on peut arrêter la tomate dans les sandwiches ? Ça donne la sensation d’une poignée de mains moites mais dans la bouche, genre. »
Mais teeeelllement ! Je passe mon temps à le dire dès que revient l’été : est-ce qu’on peut arrêter la tomate dans les sandwiches ET dans les salades de thon, s’il vous plaît !!!
(Vous avez vu son tee-shirt dans la vidéo ? 🤩)

Mais surtout, la meuf de TikTok, elle vit en elle-même ce que j’aimerais vivre en moi-même. Elle fait pour elle-même ce que j’aimerais tant arriver à faire pour moi-même un jour.
One day. One day beillbê, before I’ll be old.
Cuisiner pour moi seule comme si j’étais la personne pour qui je cuisine en y mettant tout mon amour.
https://www.tiktok.com/@lagrande_bouffe/video/7652289262750158112
https://www.instagram.com/lagrande_bouffe/reel/DZrm2Udt-a3/
Cette vidéo, c’est ma préférée.
Bien sûr j’ai testé la recette qu’elle appelle « espèce de ratatouille sur une sauce au yaourt genre ». Et en vérité, j’ai de meilleures recettes d’aubergines dans mes fichiers (notamment une fondue d’aubergines aux pois chiches qui y ressemble beaucoup). Mais j’aime ce qu’elle dit.
« À quel moment on estime que répondre à un besoin vital de manière agréable, c’est un truc qui demande nécessairement d’être au minimum deux ? »
Je vais le répéter. Pas pour vous, pour moi – puisque apparemment j’entends pas. Je vais le répéter pour me la péter dans le crâne au marteau-piqueur.
« À quel moment on estime que répondre à un besoin vital de manière agréable, c’est un truc qui demande nécessairement d’être au minimum deux ? »
Et la meuf de TikTok de conclure : on mérite tous (et toutes) de manger comme si on s’aimait un peu. Mais grave. Malheureusement, moi, mon amour-propre est défectueux il semble que je m’aime mieux à plusieurs, donc ce plat qu’elle prépare comme une reine pour elle toute seule, nous on l’a mangé à quatre, un vendredi soir du début du mois où la Petite Souris n’était pas là. Avec un gros maigre entier que j’avais acheté chez Bernard mon poissonnier au cuit-vapeur.
(Le maigre a un nom pourri mais il permet de faire la blague du gros maigre. Le maigre a un nom pourri mais il est tellement bon, surtout là quand c’était la pleine saison.)

On a mangé le maigre et la fondue d’aubergines aux pignons et graines de grenade à quatre, mais j’ai quand même pris une nouvelle leçon d’amour de soi. Ça faisait longtemps alors que, ce genre de compétence, il faut la pratiquer tous les jours sinon tu régresses.
→ Relire Leçon d’amour de soi
Je termine mon article en partageant avec vous la recette de la pastina in brodo par laquelle tout a commencé… 😋
https://www.instagram.com/reel/DJYwUxNtZI7/?hl=fr
« Vu que mes impôts n’ont pas encore été prélevés, ça va, je peux me permettre d’utiliser de l’huile d’olive. »
J’ai pas de photo à vous montrer parce que quand j’ai fait la pastina cet hiver, je ne pouvais pas savoir que je publierais un article sur le sujet en juillet.
Allez, salut.
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Plusse de BOUFFE sur ce blog ?
Là vraiment, vous n’avez pas idée de comment je m’arrache pour me forcer à écrire « bouffe » en l’honneur de la meuf de TikTok (et pas que) parce que moi, JAMAIS je ne dis « bouffe » !
Jamais je ne dis « bouffe » pour, bah, la bouffe (voyez, je suis au max).
Jamais je ne dis de trucs comme « Rhâââ là là j’étais tellement vénère, j’l’aurais bouffé·e ! »
Non. Je peux être ultra vénère, mais JAMAIS je ne vais dire ça.
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